Le Parlement européen a adopté ce jeudi une proposition de la Commission visant à déréguler les nouveaux organismes génétiquement modifiés (OGM), suscitant une vive controverse. Les eurodéputés ont voté en faveur d'un assouplissement des règles encadrant les techniques de mutagenèse dirigée, comme CRISPR-Cas9, qui permettent de modifier le génome des plantes sans insertion de gènes étrangers.
Une victoire pour l'industrie semencière
Cette décision est perçue comme une victoire pour l'industrie semencière, qui plaidait pour une réduction des contraintes réglementaires. Les partisans de la mesure arguent que ces techniques sont plus précises et pourraient accélérer le développement de cultures résistantes aux maladies ou à la sécheresse. Cependant, les opposants dénoncent un recul majeur pour la protection de l'environnement et des droits des agriculteurs.
Les risques pour la biodiversité
Les associations environnementales, telles que Greenpeace et les Amis de la Terre, ont immédiatement réagi, qualifiant le vote de « grave erreur ». Selon elles, la dérégulation des nouveaux OGM pourrait entraîner une contamination des cultures biologiques et conventionnelles, menaçant la biodiversité. « Les eurodéputés ouvrent la boîte de Pandore des OGM cachés, sans évaluation des risques ni traçabilité », a déclaré un porte-parole de Greenpeace.
Un impact sur les agriculteurs
Les syndicats agricoles, notamment la Confédération paysanne, s'inquiètent également des conséquences pour les petits producteurs. Ils craignent que cette dérégulation ne renforce la dépendance des agriculteurs envers les grandes firmes semencières, qui détiennent les brevets sur ces technologies. « C'est un coup dur pour l'agriculture paysanne et la souveraineté alimentaire », a réagi un représentant du syndicat.
Un processus contesté
Le vote du Parlement européen intervient après des mois de débats houleux. La Commission européenne avait proposé cette réforme en 2023, arguant que les nouvelles techniques génomiques (NTG) étaient différentes des OGM classiques. Les États membres doivent encore se prononcer sur le texte, qui pourrait être modifié avant son adoption définitive.
Les opposants appellent désormais les gouvernements nationaux à bloquer cette mesure. Plusieurs pays, dont la France, l'Autriche et l'Allemagne, avaient exprimé des réserves. « Nous allons continuer à nous battre pour une agriculture durable et respectueuse de l'environnement », a conclu une porte-parole de la coalition anti-OGM.



