Crise du maraîchage : la Ferme de l’Escure se lance dans les fleurs
Crise maraîchage : la Ferme de l’Escure se lance dans les fleurs

Face à la crise qui frappe le maraîchage, Elora Chiousse, gérante de la Ferme de l’Escure à Vénéjan (Gard), a choisi de diversifier son exploitation en se lançant dans la production de fleurs coupées. Sur 2 000 m², elle cultive des variétés adaptées au climat local, comme les zinnias, et propose des cueillettes les samedis matin. Son objectif : compenser la baisse de son chiffre d’affaires et sensibiliser les consommateurs à l’importance d’acheter des fleurs françaises et de saison.

Une diversification nécessaire face aux aléas climatiques

« Cela fait trois ans que c’est compliqué pour le maraîchage. La météo nous gâche la vie : on a déjà plus de tomates en août par exemple mais on a déjà des potimarrons », explique Elora Chiousse, gérante de la Ferme de l’Escure. L’exploitation, installée sur la commune de Vénéjan, pratique également l’élevage de volailles et d’agneaux. Face à la baisse de son chiffre d’affaires, l’exploitante agricole a décidé de « pallier » cette situation avec « un revenu complémentaire ».

Son choix s’est porté sur la production de fleurs coupées. Une activité dont la culture « ressemble à celle des légumes », sans les inconvénients que représentent notamment les ravageurs. Même si elles ont besoin d’eau, les fleurs « tiennent le coup avec la chaleur », souligne-t-elle. Alors que le thermomètre a dépassé les 35 °C une grande partie de l’été, fin août, les champs de l’exploitation offrent un océan de verdure et de couleurs : des zinnias multicolores, des roses d’Inde, des immortelles, des statices… « J’ai aussi eu 800 tournesols cet été », précise Elora Chiousse.

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Une production estivale abondante et des cueillettes ouvertes au public

« On produit énormément de fleurs l’été », indique la floricultrice. Pour écouler sa production, elle a monté un atelier de séchage sur son exploitation, où elle propose des bouquets de fleurs séchées, ainsi que des bouquets de fleurs fraîches commercialisés sur place ou lors de marchés. Mais cela ne suffit pas pour écouler sa production de zinnias. « Plus on coupe et plus ça fait des fleurs. Je cueille environ 400 tiges tous les deux jours », explique-t-elle.

Ainsi, elle propose à qui le souhaite de venir cueillir des zinnias les samedis matin de 9 h à midi (0,50 € la tige). Les prochains rendez-vous sont fixés au 29 août, au 12 et au 26 septembre. Il est nécessaire de ramener son propre sécateur.

Une expérimentation progressive et des projets d’hiver

« Mais je suis encore en phase de test », ajoute Elora Chiousse. La jeune femme de 33 ans s’est lancée dans cette aventure florale l’an dernier après avoir suivi une formation à distance avec une floricultrice québécoise, un climat bien différent de celui du Gard. Elle a donc dû réfléchir aux variétés qui pourraient s’épanouir ici. En un an, elle est passée de cinq variétés à une trentaine de fleurs différentes.

Elle ne compte pas s’arrêter là. « On va planter, à l’automne, des renoncules et des anémones pour les ramasser dès janvier car ce sont des fleurs qui aiment le froid. On va voir si cela marche en les mettant sous nos serres, qui ne sont pas chauffées », explique l’agricultrice. Elle travaille sans « aucun traitement » et s’emploie à planter uniquement des semences françaises. « Mais c’est compliqué car il n’y a pas suffisamment de demandes au niveau des horticulteurs et je me retrouve parfois à devoir me fournir au rayon particuliers, donc je paie plus cher », raconte-t-elle.

Un engagement pour la fleur française et la sensibilisation des consommateurs

En France, on compte seulement 500 fermes florales (contre 8 000 dans les années 80) et huit fleurs coupées sur dix sont importées des Pays-Bas ou encore du Kenya. « Ce sont les Hollandais qui tiennent le marché, lâche la Vénéjoise. Toute l’année, même en hiver, ils proposent des fleurs, comme les roses, qui ne sont pas de saison, qui sont bourrées de pesticides. On parle des légumes qui viennent d’Espagne, comme les tomates l’hiver, mais les fleurs, personne n’y pense alors que c’est la même chose, que c’est un désastre écologique. Il faut éduquer les consommateurs ».

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Dans ce sens, Elora Chiousse travaille avec un fleuriste bagnolais, Vert’Tige, qui communique sur cette provenance plus que locale. « Il faut jouer là-dessus. Acheter français c’est aussi acheter quelque chose qui tient plus longtemps parce que la fleur n’aura pas transité par des frigos pendant des jours », confirme-t-elle. Dès l’an prochain, elle prévoit de doubler sa surface de production dévolue à son activité florale, participant ainsi, à son échelle, au renouveau de la fleur française.