Assemblée générale des chasseurs de Gironde : un rendez-vous crucial à Biganos
Ce samedi 11 avril, la ville de Biganos accueille l'assemblée générale annuelle des chasseurs de la Gironde. Cet événement majeur permet d'aborder les dossiers sensibles qui mobilisent la communauté cynégétique, tout en valorisant le travail quotidien accompli par et pour les chasseurs. Malgré une diminution constante des adhérents, avec 30 000 membres recensés par la Fédération des chasseurs, la Gironde conserve son statut de premier département cynégétique de France.
Stabiliser les effectifs et former les nouvelles générations
Thibault Varenne, le nouveau président élu en juillet 2025 après vingt-huit ans de mandat d'Henri Sabarot, ambitionne de stabiliser ces chiffres. "Je m'y prépare depuis des mois, voire des années", confie-t-il, évoquant son expérience au sein de l'Association communale de chasse agréée de Hourtin. La fédération forme chaque année 1 000 nouveaux chasseurs, une initiative essentielle pour renouveler les effectifs.
Une assemblée générale bien plus qu'une formalité
L'assemblée générale représente un moment clé dans la vie de la fédération. "Ce n'est pas qu'un rendez-vous annuel inscrit à l'agenda", insiste Thibault Varenne. Au-delà des aspects statutaires comme le budget ou le bilan moral, l'événement inclut des comptes rendus détaillés des sept commissions, des échanges avec l'assemblée, des interventions politiques et un banquet convivial. "Nous voulons quelque chose de participatif", souligne le président.
La place de la chasse dans la société contemporaine
Interrogé sur la légitimité de la chasse en 2026, Thibault Varenne défend son rôle essentiel. "Elle a complètement sa place, même si elle peine à la trouver". Il regrette que les chasseurs soient souvent réduits à l'image de "tueurs d'oiseaux et d'animaux", alors qu'ils se considèrent comme des "gestionnaires de ressources qui défendent les espèces et les milieux". Le chasseur girondin, historiquement tourné vers la migration, s'adapte aujourd'hui aux populations de grand gibier tout en préservant une chasse populaire et accessible.
Les dossiers prioritaires : traditions et dégâts du gibier
Deux enjeux majeurs occupent actuellement la fédération :
- La défense des chasses traditionnelles, notamment la chasse à la palombe aux filets. La fédération conteste une interprétation européenne jugée erronée et mobilise largement, avec plus de 400 adhérents à l'Association départementale des chasses traditionnelles et 210 délibérations municipales de soutien.
- La gestion des dégâts causés par le grand gibier, particulièrement le sanglier. Les prélèvements sont passés de 8 000 à plus de 20 000 individus en quinze ans, alourdissant considérablement la facture pour les chasseurs.
Sécurité et valorisation de la venaison
La sécurité reste une priorité absolue, avec une formation décennale obligatoire instaurée par la loi de 2020. "D'ici 2031, tous les chasseurs girondins devront avoir passé cette formation", précise Thibault Varenne. Parallèlement, la fédération développe une filière venaison locale via un partenariat avec la Maison Tala, permettant de commercialiser du gibier transformé dans le respect des normes sanitaires. "C'est une viande de qualité, saine, à faible bilan carbone", conclut le président, qui envisage même d'introduire cette viande dans les cantines scolaires.



