Sept ans de calvaire pour Laëtitia R. : le procès de son ex-compagnon s'ouvre aux assises
Procès de Guillaume B. pour violences sur son ex-compagne

Le procès de Guillaume B., accusé d’avoir infligé à sa compagne sept années de sévices et de viols accompagnés d’actes de torture, s’est ouvert ce lundi 18 mai devant la cour d’assises de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence). L’accusé, un ancien directeur d’agence bancaire à Manosque âgé de 51 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour viols, tortures et proxénétisme sur son ex-compagne, Laëtitia R., 42 ans.

Une relation sous emprise totale

Selon l’accusation, la relation de couple, débutée sur une application de rencontre en 2015, a rapidement évolué en une relation d’emprise psychologique et de contrôle total du mis en cause sur sa compagne. Laëtitia R. accuse Guillaume B. de lui avoir fait subir des viols à répétition, des coups, des brûlures et de l’avoir contrainte à se prostituer entre 2015 et 2022. « J’étais dans la peur », a-t-elle témoigné, décrivant des violences avec une planche à découper, des entailles dans le dos au couteau, et des brûlures de cigarette.

L’accusé plaide une relation consentie

Guillaume B., vêtu d’un jean et d’un pull gris, s’est présenté à la cour l’air grave. À la lecture des charges, il n’a cessé de secouer la tête, regrettant qu’on le fasse passer « pour un monstre qu’il n’est pas ». Il assure que leur relation était « sado-masochiste consentie » et qu’ils ont pris du plaisir dans des jeux de prostitution. Il a également expliqué détenir des armes à feu qu’il a oublié de déclarer car il est chasseur.

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Des preuves accablantes

Le parquet souligne que c’est « l’intensité et la répétition des violences décrites, mises en relation notamment avec les conclusions de l’expertise médicale et l’exploitation d’enregistrements sonores et vidéos » qui a conduit au renvoi de l’accusé devant les assises. L’avocat de la partie civile, Me Philippe-Henry Honegger, affirme que la parole de la victime est « étayée, corroborée, renforcée, confirmée par des centaines et des centaines de messages, d’échanges téléphoniques, de retranscriptions et par des constatations médicales incontestables ». Ces messages montrent « comment, minute par minute, heure par heure, il utilise le stratagème de manipulation psychologique pour réussir à obtenir ce qu’il souhaite », décrivant un quotidien ressemblant « à la pire vision de l’enfer qu’on puisse imaginer ».

Un calvaire qui a laissé des séquelles

En juin 2022, Laëtitia R. a parlé pour la première fois de sa situation à une amie, qui a alerté les forces de l’ordre, entraînant l’interpellation de son compagnon. Préparatrice en pharmacie de formation, elle souffre de séquelles physiques et psychologiques qui la rendent incapable de mener une vie quotidienne normale. Elle a été reconnue handicapée entre 50 et 80 %. Son avocat a déclaré qu’elle avait « la volonté, alors qu’on a essayé de la réduire au silence pendant tant d’années, de ne pas rester silencieuse ».

Un soutien féministe

Devant le tribunal, sous un ciel orageux, une quinzaine de femmes du collectif « 8 mars toute l’année » se sont rassemblées en soutien à la plaignante, brandissant des pancartes « la honte doit changer de camp » et chantant des chants féministes. Florence, 55 ans, a expliqué : « On est là pour dire à Laëtitia qu’on la croit et inciter les victimes à suivre son exemple et dénoncer ces violences systémiques qui ont dans son cas été poussées à leur paroxysme. »

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