Au départ, tout roulait. Une offre acceptée, une maison qui plaît, un accord trouvé. Puis l’intelligence artificielle s’en est mêlée. Dans une ville cossue de banlieue parisienne, Anne-Claire et son compagnon pensaient avoir vendu leur pavillon. Mais les acheteurs ont soumis le dossier à ChatGPT. L’outil a relevé une ambiguïté dans l’acte de propriété, au sujet d’un sous-sol aménagé. Et la machine à douter s’est emballée.
« Ça a pris un mois et demi, raconte Anne-Claire. Les acheteurs ont cru que notre sous-sol n’était peut-être pas en règle, parce qu’une phrase mal rédigée dans le titre de propriété laissait penser que des travaux y avaient été faits sans autorisation, alors qu’en réalité le dossier était régulier, que toute la surface était bien déclarée et assurée, et qu’il n’y avait pas de danger concret. » Derrière, les mails s’accumulent, les notaires échangent, les soupçons montent. Au bout du compte, les acheteurs se sont rétractés.
Une pratique en plein essor
De plus en plus d’acheteurs passent diagnostics, promesses de vente ou règlements de copropriété à la moulinette de l’intelligence artificielle. Une aide utile pour certains, une source de tensions et de perte de temps pour d’autres. L’IA permet de débroussailler un dossier complexe, mais elle a besoin d’experts qui connaissent le terrain pour être efficace dans le domaine immobilier.
Les risques de l’interprétation automatique
ChatGPT et autres outils d’IA générative peuvent interpréter de manière erronée des clauses juridiques ambiguës, créant des doutes infondés. Les notaires et agents immobiliers rapportent une augmentation des annulations de ventes suite à des analyses automatisées mal comprises. « L’IA ne remplace pas le jugement humain, surtout dans des transactions aussi importantes que l’achat d’un logement », prévient un expert.
Pour les vendeurs, cette tendance peut se traduire par des retards et des frais supplémentaires. Les acheteurs, eux, peuvent perdre des opportunités en se fiant trop à des outils non spécialisés. L’équilibre entre technologie et expertise humaine reste à trouver.



