Canicule à l'école : les maires préfèrent végétaliser plutôt que climatiser
Canicule à l'école : végétaliser plutôt que climatiser

Alors que la France suffoque sous des températures dépassant les 40 degrés, le débat sur la climatisation des établissements scolaires fait rage. Pourtant, une majorité d'élus locaux rejettent l'idée d'une généralisation de la climatisation, lui préférant des solutions alternatives comme la végétalisation des cours d'école, l'isolation thermique ou l'installation de brasseurs d'air. Un paradoxe notable : l'ex-Languedoc-Roussillon, pourtant habitué aux fortes chaleurs, n'était placé qu'en alerte jaune canicule par Météo France ce mardi 23 juin, tandis que le rectorat de Montpellier assurait maintenir la continuité pédagogique grâce à des aménagements d'horaires.

Un bâti scolaire vieillissant et peu adapté

Dans de nombreuses écoles, dont le bâti date parfois des années 1970 ou 1980, les températures en classe dépassent largement les 30 degrés. Selon l'Agence de la transition écologique (Ademe), seuls 7 % des bâtiments scolaires étaient climatisés en 2021, contre 64 % des bureaux. Renaud Calvat, maire de Jacou et vice-président du Conseil départemental de l'Hérault chargé de l'Éducation, souligne la complexité du sujet : "Il faut renforcer l'isolation des établissements les plus anciens mais aussi apporter une réponse globale à notre mode de consommation d'énergie, car l'utilisation massive de la climatisation contribue à réchauffer encore plus l'atmosphère."

Le coût, un frein majeur

La question financière est un obstacle de taille. Renaud Calvat estime qu'il faudrait 200 millions d'euros pour rénover tous les collèges de l'Hérault, alors que son enveloppe annuelle pour les travaux dans les collèges n'excède pas 35 millions d'euros. "Je ne suis pas dogmatique sur la clim', mais je n'en ai pas dans ma mairie à Jacou. Il existe des alternatives comme les brasseurs d'air, la géothermie, les ombrières. On peut imaginer climatiser un espace refuge comme le réfectoire ou le CDI. Pour moi, il est plus important de climatiser les crèches, où des enfants vulnérables sont accueillis tout l'été."

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Des solutions douces privilégiées

La Région Occitanie partage cette approche, favorisant les brasseurs d'air plutôt que la climatisation excessive. Philippe Ribot, maire de Saint-Privat-des-Vieux et président de l'association des maires du Gard, constate que même des bâtiments récents deviennent des "bouilloires" car la conception a longtemps négligé la chaleur estivale. "Certains cabinets d'étude ne prennent toujours pas en compte cette dimension." Il a lui-même mis en œuvre des solutions simples : désimperméabilisation et végétalisation de la cour d'école, peinture blanche sur un toit, et films thermiques qui permettent de gagner jusqu'à 3 degrés à l'intérieur.

Repenser les rythmes scolaires

Rémy Landri, coprésident académique de la Fédération centrale de parents d'élèves, n'est pas favorable à la climatisation généralisée pour des raisons environnementales. Il appelle à un vaste plan national de rénovation thermique et à repenser les rythmes scolaires : "Ces chaleurs de juin ne rendent pas la reconquête du mois de juin possible. Faire travailler les enfants en temps de canicule n'est pas très productif. La question se pose aussi pour la programmation du brevet des collèges." Philippe Ribot abonde : "Il faut réapprendre les gestes de bon sens, comme aérer au bon moment."

Des marchés globaux de performance

Renaud Calvat précise que désormais, dans le cadre de marchés globaux de performance, chaque rénovation de bâtiment inclut un objectif de confort pour l'été et l'hiver, avec une maintenance assurée par l'entreprise pendant quatre ans. "Une garantie de voir ces objectifs tenus." Le débat sur la climatisation est donc remis au frais, jusqu'à la prochaine canicule.

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