Le gouvernement a annoncé une aide exceptionnelle de 50 euros par tonne d'engrais azotés achetée entre juin et septembre 2026, en réponse à la flambée des prix provoquée par la crise au Moyen-Orient. Cependant, cette mesure est vivement critiquée par la Confédération paysanne de l'Aveyron, qui la qualifie de « pansement sur une jambe de bois ».
Une aide sous conditions
Depuis le début du conflit, le prix des engrais azotés a quasiment doublé, passant d'environ 400 euros à près de 800 euros la tonne. Pour atténuer cette hausse, l'État a mis en place une aide de 50 euros par tonne d'engrais minéraux azotés simples. Seules les exploitations dont le montant d'aide atteint au moins 750 euros sont éligibles. Ce seuil est porté à 70 euros par tonne pour les exploitations dont les dépenses en engrais représentent plus de 10 % des charges.
Des critiques de la Confédération paysanne
Johan-Kevin Galtier, co-secrétaire de la Confédération paysanne de l'Aveyron, estime que cette aide « ne changera pas le revenu des agriculteurs ». Il précise que ces engrais sont surtout utilisés pour les productions céréalières, peu présentes dans l'Aveyron où dominent l'élevage et les vergers. « C’est un pansement sur une jambe de bois », ajoute-t-il.
Le syndicat plaide plutôt pour un accompagnement vers des systèmes moins dépendants des engrais azotés, notamment grâce au développement des légumineuses et de l'agriculture biologique. « Si l’on veut réellement parler de souveraineté alimentaire, on ne peut pas continuer à dépendre d’engrais importés. Sinon, c’est de la souveraineté de façade », affirme Johan-Kevin Galtier.
D'autres dispositifs jugés insuffisants
Cette nouvelle mesure s'ajoute à d'autres dispositifs déjà déployés par l'État : la prise en charge des cotisations sociales à la Mutualité sociale agricole (MSA) pour les exploitations les plus fragiles, le renoncement à la hausse de la fiscalité sur le gazole non routier (GNR) en avril, ainsi qu'une aide de 15 centimes par litre de GNR entre mai et août. Mais la Confédération paysanne juge ces aides insuffisantes. « L’enveloppe destinée à la MSA en Aveyron s’élève à 220 000 euros. C’est du saupoudrage. Il faut un véritable changement de politique agricole afin de retrouver une autonomie qui parte des fermes jusqu’aux consommateurs », défend Johan-Kevin Galtier.
Calendrier et perspectives
L'aide sur les engrais concerne les achats réalisés entre le 1er juin et le 30 septembre 2026. Les demandes pourront être déposées sur le site de FranceAgriMer à partir du 1er août et jusqu'au 6 novembre. Un point d'étape est prévu au 1er octobre afin d'adapter le dispositif en fonction de l'évolution des prix des engrais.



