Le théâtre parisien de la Reine Blanche, situé dans le 18e arrondissement, est poursuivi en justice pour diffamation après la représentation d'une pièce consacrée à une scientifique française méconnue. L'action est intentée par les descendants de cette chercheuse, qui estiment que l'œuvre porte atteinte à la mémoire de leur aïeule.
Une pièce controversée sur une scientifique oubliée
La pièce, intitulée "Les Oubliées du Savoir", retrace la vie de Marguerite Thomas, une physicienne ayant travaillé dans l'ombre au début du XXe siècle. Selon le metteur en scène, la pièce vise à réhabiliter cette figure historique, mais les descendants de Thomas y voient une déformation des faits. Ils affirment que la représentation la dépeint comme une personne égoïste et manipulatrice, ce qu'ils jugent infondé.
L'avocat des plaignants, Me Dupont, a déclaré : "Cette pièce n'est pas une œuvre de fiction inoffensive ; elle salit la réputation d'une femme qui a consacré sa vie à la science. Nous demandons réparation pour le préjudice moral causé à sa famille."
Les arguments du théâtre
De son côté, la direction du théâtre de la Reine Blanche se défend en invoquant la liberté de création artistique. Le directeur artistique, Jean Martin, a souligné : "Notre travail est celui d'artistes, pas d'historiens. Nous avons le droit d'explorer des interprétations subjectives de personnages historiques." Il ajoute que la pièce a été écrite à partir de sources documentées, bien que romancées.
Le théâtre précise que la pièce a été jouée à guichets fermés pendant six semaines, attirant plus de 3 000 spectateurs. Les critiques ont globalement salué la performance, mais certains historiens ont émis des réserves sur l'exactitude des faits présentés.
Un débat sur les limites de la liberté artistique
Cette affaire relance le débat sur les limites de la liberté d'expression au théâtre. Pour Me Dupont, "il y a une différence entre une œuvre de fiction et une diffamation caractérisée. Lorsque des faits précis sont présentés comme vrais et qu'ils nuisent à une personne, la loi doit s'appliquer."
En France, la diffamation est punie d'une amende pouvant aller jusqu'à 12 000 euros. Si le tribunal donne raison aux plaignants, le théâtre pourrait être contraint de retirer la pièce de l'affiche et de verser des dommages et intérêts.
L'audience est prévue pour septembre 2025. En attendant, la pièce continue d'être jouée, mais la polémique a déjà eu un impact sur la fréquentation, certaines représentations affichant complet tandis que d'autres sont boycottées par des groupes de défense de la mémoire scientifique.



