Dimanche matin de clôture des Vendanges 2026, Marco Pérez, 18 ans, matador depuis la feria de Pentecôte 2025, se présentera seul face à six toros de différents élevages dans les arènes de Nîmes. Une épreuve de plus de deux heures qui n'a plus été tentée par un torero aussi jeune depuis El Juli, légèrement plus âgé que lui à l'époque. Le jeune Salmantin, qui a déjà coupé deux queues à Nîmes en un an, tentera de marquer l'histoire de l'amphithéâtre.
Un parcours précoce sous le signe de Juan Bautista
Marco Pérez côtoie les toros depuis sa prime enfance. À l'âge de 9 ans, lors d'une "tienta" organisée chez un éleveur de la région de Salamanque, il avait été invité avec d'autres jeunes garçons de l'école taurine de la ville à montrer leur savoir-faire. Ce jour-là, Juan Bautista était présent et avait été immédiatement conquis par la vista, l'aisance et le recours du gamin conduisant une muleta comme une "figura". Ce fut le premier contact entre les deux hommes.
En 2019, le maestro Juan Bautista, chez lui, au mas de La Chassagne chez les Jalabert, lors d'une assemblée générale du club taurin, organise une "tienta" et invite le petit Marco à se mettre devant deux vaches de Gallon. Les membres de la peña restent "estomaqués" par un toreo à la fois intuitif et expressif. La même année, Juan Bautista annonce lors de ses adieux, après une corrida "goyesque" mémorable, qu'avec l'accord des parents Pérez, la carrière naissante de Marco serait entre ses mains.
Premiers pas en Europe et consécration à Madrid
Dès lors, l'apprentissage "de salon" et les entraînements privés, notamment face à de solides adversaires un après-midi à Méjanes, alimentent les discussions dans les milieux autorisés. Le 15 octobre 2023, huit jours après avoir fêté son 16e anniversaire (règlement oblige), Marco Pérez revêt pour la première fois en Europe un costume de lumière sur la piste des arènes du Palio à Istres. Face à quatre novillos de Gallon, il coupe trois oreilles, sous les caméras d'une chaîne de télévision espagnole filmant l'événement en direct.
Dans la catégorie des novilleros, il ne tarde pas à prendre la première place, étonnant par son aisance et son toreo intuitif, à Istres ou Arles. Avant l'alternative, il se rend à Madrid, seul face au jugement intraitable de Las Ventas. Sans trophée, mais les professionnels reconnaissent en lui la stature d'un prochain grand.
L'alternative à Nîmes et deux triomphes déjà historiques
Le vendredi 6 juin 2025, dans un cartel de gala avec Morante de la Puebla et Alejandro Talavante, face aux toros de Garcigrande, Marco Pérez, avec la furia de ses 17 ans, se lance dans le dernier combat. Ses larmes de joie en recevant les deux oreilles de son dernier toro restent mémorables. Depuis cette alternative, il a déjà signé deux triomphes éclatants à Nîmes : une faena mémorable sous les trombes d'eau dans une piste transformée en piscine, et une autre lors de la dernière Pentecôte, coupant une queue à chaque fois. Le compositeur Eugenio Gómez lui a d'ailleurs dédié un pasodoble.
Ce dimanche matin des Vendanges, il proposera au public de Nîmes de le suivre dans une nouvelle aventure : un défi de plus de deux heures face à six toros, un geste digne des plus grands, que seul El Juli avait osé à un âge légèrement plus jeune.



