Au Festival d'Avignon, Morin revisite les Atrides en Amérique
Festival d'Avignon : Morin revisite les Atrides en Amérique

Dans le cadre du Festival d'Avignon 2026, le metteur en scène Gwenaël Morin propose une version audacieuse des Atrides intitulée « Le deuil sied à Électre ». Présentée du 14 au 20 juillet à la FabricA, cette pièce transpose le mythe antique dans l'Amérique du Sud des années 1930, offrant une relecture politique et poétique du cycle tragique.

Une transposition temporelle et géographique

Gwenaël Morin, connu pour ses adaptations contemporaines des classiques, situe l'action dans un pays imaginaire d'Amérique du Sud, à l'époque des dictatures militaires. Il s'inspire librement de la pièce d'Eugene O'Neill, elle-même inspirée d'Eschyle. « Le deuil sied à Électre » explore les thèmes de la vengeance, du pouvoir et de la folie dans un contexte de guerre civile.

Le metteur en scène explique : « J'ai voulu ancrer cette histoire dans une réalité historique proche de nous, où les passions humaines se déchaînent sur fond de violence politique. L'Amérique du Sud des années 1930 offre un cadre parfait pour cette tragédie familiale. »

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Un spectacle immersif et musical

La mise en scène de Morin se caractérise par une forte dimension sensorielle. Le public est plongé dans une atmosphère moite et oppressante, grâce à un travail sur la lumière et le son. La musique, composée par le groupe argentin Los Iniciados, mêle tango et rythmes andins, renforçant l'ancrage sud-américain.

Les comédiens, au nombre de douze, incarnent les membres de la famille Atrides avec une intensité rare. La distribution est majoritairement composée d'acteurs latino-américains, ce qui apporte une authenticité au projet. « Chaque acteur apporte sa propre culture, sa propre histoire, cela enrichit considérablement le spectacle », souligne Morin.

Un accueil critique mitigé

Les premières représentations ont suscité des réactions contrastées. Si certains critiques saluent l'audace de la transposition et la puissance des interprétations, d'autres regrettent une certaine lourdeur dans le traitement du mythe. « Le spectacle impressionne par son ampleur, mais on peut parfois se perdre dans les méandres de l'intrigue », écrit un journaliste de Libération.

Malgré ces réserves, le public semble conquis. Les salles affichent complet depuis le début du festival. Selon les organisateurs, plus de 90 % des places ont été vendues avant même la première représentation. Un chiffre qui témoigne de l'attrait pour cette proposition originale.

Un projet de longue haleine

Gwenaël Morin travaille sur ce projet depuis plus de deux ans. Il a effectué plusieurs voyages en Argentine et au Chili pour s'imprégner des réalités locales. « Ce spectacle est le fruit d'une immersion totale dans une culture qui m'est chère », confie-t-il. Le metteur en scène prévoit d'ailleurs une tournée en Amérique latine à l'automne 2026.

« Le deuil sied à Électre » s'inscrit dans une programmation du Festival d'Avignon qui met à l'honneur les réécritures des mythes. Avec cette pièce, Morin affirme une fois de plus sa volonté de faire dialoguer les époques et les continents.

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