Les frappes américaines se sont poursuivies pour la troisième nuit consécutive en Iran, tandis que les Gardiens de la Révolution ont lancé des répliques visant des bases américaines dans la région. Le président Donald Trump a menacé d'imposer une taxe sur le passage par le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial.
Une escalade militaire sans précédent
Dans la nuit du 13 au 14 juillet, l'aviation américaine a frappé des sites militaires iraniens dans les provinces de Khuzestan et d'Ispahan, selon des sources officielles iraniennes. Le Pentagone a confirmé des frappes contre des « installations liées au programme de missiles balistiques et de drones » de Téhéran. Au total, plus de 150 cibles auraient été visées depuis le début de l'offensive, selon des responsables américains cités par l'Associated Press.
En riposte, les Gardiens de la Révolution ont tiré des missiles et des drones contre des bases américaines en Irak et en Arabie saoudite, notamment la base d'Al-Assad et celle de l'aéroport d'Erbil. « Nous avons frappé des centres de commandement et des dépôts de munitions », a déclaré un porte-parole des Gardiens, cité par la télévision d'État iranienne. Aucune perte américaine n'a été signalée dans l'immédiat.
La menace de Trump sur le détroit d'Ormuz
Dans un tweet publié dans la matinée, Donald Trump a écrit : « Si l'Iran continue de menacer la navigation dans le détroit d'Ormuz, nous taxerons leur pétrole à 100 % à son passage. Qu'ils aillent se faire voir ailleurs. » Cette menace intervient alors que Téhéran a menacé de bloquer le détroit en représailles aux frappes. Le détroit d'Ormuz, large de seulement 33 kilomètres, voit passer environ 17 millions de barils de pétrole par jour, soit près d'un cinquième de la consommation mondiale, selon l'Energy Information Administration américaine.
Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a précisé que cette taxe serait appliquée « immédiatement » via des sanctions douanières sur les importations de pétrole iranien, déjà sous embargo américain. « Nous ne permettrons pas que l'économie mondiale soit prise en otage », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.
Des conséquences économiques mondiales
Les marchés pétroliers ont réagi vivement : le baril de Brent a bondi de 8 % en Asie, dépassant les 85 dollars. Les pays importateurs, notamment la Chine, l'Inde et le Japon, sont particulièrement exposés. L'Agence internationale de l'énergie a appelé à la retenue et annoncé une réunion d'urgence pour discuter d'une éventuelle libération des réserves stratégiques.
De son côté, l'Iran a dénoncé une « agression barbare » et appelé la communauté internationale à condamner les États-Unis. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a tweeté : « Les États-Unis violent le droit international et le Chapitre VII de la Charte des Nations unies. Nous nous réservons le droit de légitime défense. »
Les positions des autres acteurs
L'Union européenne a exprimé sa « profonde préoccupation » et appelé à une « désescalade immédiate ». La France, par la voix du ministère des Affaires étrangères, a demandé la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. La Russie, alliée de l'Iran, a dénoncé des « frappes illégales » et proposé une médiation.
En Israël, le Premier ministre Naftali Bennett a salué « le droit des États-Unis à se défendre » tout en appelant à « ne pas laisser l'Iran acquérir l'arme nucléaire ». Le Hezbollah libanais, allié de Téhéran, a menacé d'ouvrir un front contre Israël si les frappes se poursuivaient.
Un conflit aux dimensions régionales
Les frappes américaines ont également touché des positions des milices pro-iraniennes en Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. En Irak, des manifestations ont éclaté à Bagdad et à Bassorah contre la présence américaine, tandis que le gouvernement irakien a convoqué l'ambassadeur américain pour protester contre l'utilisation de son espace aérien.
L'ayatollah Khamenei, guide suprême iranien, a promis une « réponse écrasante » lors d'un discours retransmis à la télévision d'État. « Les Américains doivent savoir que leur agression ne restera pas sans réponse », a-t-il déclaré, sans préciser la nature de la riposte. Selon des analystes, Téhéran pourrait recourir à des cyberattaques ou à des attaques contre des navires marchands dans le golfe Persique.



