Carolina Bianchi : "Uma Luz Cordial" repousse les limites du supportable
Carolina Bianchi : "Uma Luz Cordial" repousse les limites

Perché dans un balcon de l'Opéra d'Avignon, superbe théâtre à l'italienne, un chœur tout entier paré de rouge entonne « Because the Night » de Patti Smith a cappella, avant de faire tomber du ciel une pluie de plumes écarlates. Bref moment d'illusoire douceur, de toute beauté. Et tableau marquant d'« Uma Luz Cordial », spectacle très attendu et décevant.

Une trilogie qui se clôt dans le sang

Avec « Uma Luz Cordial », Carolina Bianchi clôt sa « Trilogia Cadela Força » dans une orgie de chair et de sang. Si douloureux d'en finir pour l'artiste brésilienne, qui l'avoue en baisser de rideau, expliquant dans un exposé fastidieux avoir longtemps hésité entre deux épilogues. Deux heures trente plus tôt, elle ouvrait le spectacle en se tailladant le bras, puis en affichant des images chocs.

Après avoir évoqué le viol et le patriarcat dans les deux premiers volets, Carolina Bianchi explore cette fois les liens entre l'écriture et la sexualité. Une hémorragie de mots et d'images qui éprouve et assomme le public. La metteuse en scène brésilienne repousse les limites du supportable, dans une mise en scène radicale qui ne laisse personne indifférent.

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Un spectacle éprouvant mais décevant

Malgré quelques moments de grâce, comme le chœur chantant Patti Smith, le spectacle déçoit par sa longueur et son côté fastidieux. Le public, abonné pour beaucoup, ressort éprouvé par cette orgie visuelle et sonore. Carolina Bianchi assume cette violence, mais certains spectateurs pourraient se sentir assommés par cette débauche de moyens.

Le Festival d'Avignon, qui accueille cette création, mise sur des artistes engagés et provocateurs. « Uma Luz Cordial » s'inscrit dans cette lignée, mais divise. Les critiques sont partagées entre admiration pour l'audace et lassitude face à l'excès.

Selon Nedjma Van Egmond, critique pour le journal, le spectacle « explose les limites du supportable » mais reste « décevant » dans son ensemble. Un constat partagé par une partie de la salle, qui a quitté la représentation avant la fin.

Une artiste qui bouscule les codes

Carolina Bianchi, figure montante de la scène théâtrale brésilienne, n'en est pas à son premier coup d'éclat. Sa trilogie, commencée en 2023, a déjà fait scandale dans plusieurs festivals internationaux. Avec « Uma Luz Cordial », elle franchit un nouveau cap, mêlant performance, vidéo et théâtre dans un mélange détonant.

Le spectacle, qui dure deux heures trente, alterne moments de poésie et scènes d'une violence rare. La pluie de plumes rouges, symbole de sang et de passion, reste l'image la plus forte de la soirée. Mais pour beaucoup, le message se perd dans la profusion d'effets.

Le Festival d'Avignon, qui se tient jusqu'à la fin juillet, propose une programmation éclectique. « Uma Luz Cordial » est l'un des spectacles les plus attendus de cette édition 2026. Les réactions du public et de la critique détermineront peut-être son avenir sur les planches internationales.

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