L'art des lavomatiques bordelais révélé par l'objectif de Jean-Michel Gaubert
À Bordeaux, une exposition photographique originale investit le Wash Bar jusqu'à la fin du mois d'avril. L'artiste local Jean-Michel Gaubert y dévoile une série de clichés en noir et blanc qui célèbrent l'esthétique méconnue des laveries automatiques, ces lieux de passage urbains où se jouent des scènes de vie quotidienne.
Une exploration systématique des recoins de la ville
Bien que la machine à laver soit omniprésente dans les foyers, les lavomatiques conservent une place discrète mais essentielle dans le paysage urbain. Souvent difficiles à repérer, ils ne se révèlent qu'au seuil de leurs portes. Pendant plusieurs mois, Jean-Michel Gaubert a méthodiquement recensé près d'une cinquantaine de ces établissements dans tous les quartiers de Bordeaux.
Après s'être consacré ces dernières années à des séries sur l'architecture, les scènes de rue et la piscine Galin, le photographe a tourné son regard vers ces espaces fonctionnels. "Avec mon œil de photographe, j'ai été immédiatement attiré par l'esthétique particulière de ces locaux", confie-t-il. "Les similitudes dans leur agencement, la succession rythmée des hublots visibles depuis l'extérieur créent parfois de véritables tableaux graphiques."
Des rencontres humaines au cœur du projet artistique
Pour enrichir sa démarche, Jean-Michel Gaubert a accompagné chaque photographie d'un texte évoquant des échanges, des impressions ou des anecdotes recueillies auprès des usagers. "Lors de ces prises de vue, j'ai croisé des personnes étonnantes", raconte l'artiste. "Des individus qui, pendant le temps d'un cycle de lavage d'une demi-heure, saisissent l'occasion pour penser, lire, échanger ou simplement laisser passer le temps."
Sur chaque image en noir et blanc, les machines aux hublots imposants dialoguent avec la présence humaine. L'utilisation de techniques photographiques proches de la perception oculaire permet au photographe de capturer simultanément des situations d'un réalisme frappant et des visions artistiques subtiles.
Des ambitions d'exposition hors des sentiers battus
Jean-Michel Gaubert nourrit des projets ambitieux pour la diffusion de son travail. "J'aimerais exposer mes photos là où les gens ne les attendent pas, pour créer la surprise", explique-t-il. "De préférence dans des espaces extérieurs qui dialoguent avec le sujet."
Pour cette première présentation, il a choisi l'écrin insolite du Wash Bar, unique laverie-bar de Bordeaux, où une vingtaine de ses œuvres sont actuellement visibles. "C'est modeste, mais à Bordeaux, trouver des lieux qui acceptent d'accueillir des artistes indépendants reste un défi", constate le photographe. "Mon rêve serait de présenter ces images de laveries sur des 'sucettes Decaux' dans des espaces publics emblématiques comme les quais ou la place Gambetta."
L'exposition est accessible jusqu'au 30 avril au Wash Bar, situé au 39 rue Ausone, tous les jours (à l'exception du samedi) à partir de 16h30. Une invitation à redécouvrir ces microcosmes urbains à travers le regard sensible d'un artiste bordelais.



