Daniela Sala capture l'art aigre-doux du Cachemire
Daniela Sala et l'art aigre-doux du Cachemire

La photographe franco-italienne Daniela Sala présente jusqu'au 30 septembre une exposition intitulée « L'art aigre-doux du Cachemire » au Musée de la Photographie de Paris. Cette série, fruit de cinq années de voyages, offre un regard intime sur une région marquée par les conflits, mais aussi par une résilience culturelle éclatante.

Un travail de longue haleine

Daniela Sala a débuté ce projet en 2019, effectuant plusieurs séjours de plusieurs mois dans la vallée du Cachemire. Elle a documenté la vie quotidienne des habitants, les paysages à couper le souffle et les cicatrices laissées par des décennies d'instabilité. « Ce que j'ai vu, c'est une population qui refuse de se laisser abattre, qui trouve la beauté même dans la douleur », explique-t-elle dans le catalogue de l'exposition.

Un regard contrasté

Les 80 photographies exposées mêlent portraits intimes et paysages grandioses. On y voit des enfants jouant dans les ruines, des artisans travaillant le bois de noyer, et les fameux jardins moghols de Srinagar. « Le Cachemire est un paradoxe : une terre d'une beauté époustouflante, mais aussi un champ de bataille », ajoute l'artiste. Selon les données de l'ONU, plus de 500 000 soldats indiens sont déployés dans la région, ce qui en fait l'une des zones les plus militarisées au monde.

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Une dimension politique subtile

Sala ne cherche pas à faire un reportage militant, mais plutôt à montrer la complexité humaine. « Mes images ne sont ni pro-indiennes ni pro-pakistanaises, elles sont pro-Cachemire », insiste-t-elle. L'exposition inclut une série en noir et blanc sur les manifestations de 2019 après l'abrogation de l'article 370, qui a supprimé l'autonomie de l'État. « J'ai vu des jeunes filles brandir des drapeaux, leurs visages pleins d'espoir et de colère. C'est cela que je veux transmettre », confie-t-elle.

Un accueil critique élogieux

Le critique d'art du Monde, Jean-Pierre Dupont, salue « un travail d'une grande sensibilité, qui évite les clichés et plonge au cœur d'une réalité trop souvent simplifiée ». L'exposition a déjà attiré plus de 15 000 visiteurs en trois semaines, un record pour le musée. Un livre accompagnant l'exposition, publié aux éditions Textuel, compile 120 photographies et des textes de spécialistes du Cachemire.

Une voix pour les sans-voix

Daniela Sala espère que son travail sensibilisera un public large. « La photographie peut être un pont entre les cultures. Si mes images peuvent faire comprendre un peu mieux la situation des Cachemiris, alors j'aurai réussi », dit-elle. L'exposition est ouverte du mardi au dimanche, de 10h à 19h, au Musée de la Photographie, 8 rue de la Paix, Paris.

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