Zoos humains : le Parlement autorise la restitution de restes amérindiens à la Guyane
Zoos humains : feu vert du Parlement pour la restitution de restes

Le Parlement français a donné son feu vert, ce 15 juin 2026, à la restitution à la Guyane des restes de six Amérindiens, exposés dans des « zoos humains » il y a plus de 130 ans. Cette décision, saluée par les associations mémorielles et les communautés autochtones, marque une étape importante dans la reconnaissance des crimes coloniaux.

Un vote historique

L'Assemblée nationale et le Sénat ont adopté le projet de loi autorisant la restitution des dépouilles, conservées jusqu'alors dans les réserves du Muséum national d'histoire naturelle à Paris. Ces restes appartenaient à six Amérindiens de Guyane, emmenés en France en 1892 pour être exhibés lors d'expositions ethnographiques, dans ce qu'on appelait alors des « zoos humains ».

Une longue attente

La demande de restitution avait été formulée dès 2018 par le président de la Collectivité territoriale de Guyane, Rodolphe Alexandre, soutenu par plusieurs députés et sénateurs. Après des années de débats et de procédures, le Parlement a finalement voté en faveur de cette mesure, qui devrait être suivie d'un retour des restes en Guyane d'ici la fin de l'année.

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« C'est une victoire pour la dignité de nos ancêtres et pour la justice historique », a déclaré Jean-Philippe Chambrier, porte-parole du Conseil représentatif des peuples autochtones de Guyane. « Ces restes ont été traités comme des objets de curiosité, alors qu'il s'agit de personnes humaines. Leur retour permettra de leur offrir une sépulture digne. »

Un précédent pour d'autres restitutions ?

Cette décision pourrait ouvrir la voie à d'autres restitutions de restes humains conservés dans les musées français. Plusieurs pays africains, notamment le Bénin et le Sénégal, réclament également le retour de dépouilles de leurs ancêtres, détenues dans des institutions françaises depuis l'époque coloniale.

Le gouvernement français s'est dit ouvert à examiner ces demandes au cas par cas, tout en rappelant la nécessité de respecter les procédures scientifiques et juridiques. Le ministre de la Culture, Rachida Dati, a salué ce vote comme « un geste fort de réconciliation ».

Un devoir de mémoire

Les « zoos humains » ont été une pratique courante en Europe aux XIXe et XXe siècles, où des personnes originaires de colonies étaient exhibées dans des parcs et des foires, souvent dans des conditions dégradantes. En France, plusieurs milliers de personnes ont ainsi été présentées au public, notamment lors de l'Exposition universelle de 1889 et de l'Exposition coloniale de 1931.

La restitution des restes des six Amérindiens de Guyane s'inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance des souffrances infligées par le colonialisme. Des commémorations et des expositions sont prévues en Guyane pour accueillir ces restes et sensibiliser le public à cette page sombre de l'histoire.

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