À Toulon, une association dévoile les secrets de la poudrière des Moulins
À Toulon, l'association dévoile les secrets de la poudrière des Moulins

L'association Les Amis de la poudrière N°4 Saint-Pierre, créée en juillet 2026, organise ce samedi 22 août une visite exceptionnelle du site de la poudrière des Moulins, à Toulon. Ce lieu, propriété depuis un an et demi du Club de tir police varois (CTPV), est au cœur de l'histoire de la Libération de la ville en 1944. L'objectif est de mettre en lumière les combats acharnés qui s'y sont déroulés et de préserver la mémoire des lieux, tout en envisageant l'installation future d'un conservatoire dédié au matériel militaire.

Les combats de la Libération à la poudrière des Moulins

Entre le 20 et le 22 août 1944, la poudrière des Moulins, également connue sous le nom d'Établissements Saint-Pierre, a été le théâtre de féroces affrontements. Des centaines de soldats allemands retranchés y ont résisté au bataillon de choc et au troisième Régiment de tirailleurs algériens (3e RTA) venus du Revest. Le général de Lattre de Tassigny a qualifié ces combats de « la plus dure peut-être de toute la bataille de Toulon ». Ces heures décisives ont ouvert la voie aux troupes de la Libération vers Toulon.

La visite du site, situé au 245 avenue des Meuniers, proposera une exposition de photos, de reliques et de matériel militaire d'époque, dans l'un des trois tunnels encore accessibles. Des anciens véhicules blindés, prêtés par les Amis du fort du Grand Saint-Antoine, seront également exposés. Selon Gilbert Tort, président de l'association et du CTPV, « l'idée est de faire revivre le site » et de « préserver sa mémoire et rappeler ce qui s'est passé avec la P4 ».

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Les secrets enfouis de la poudrière N°4

La fameuse « poudrière N°4 » a explosé le 21 août 1944 à 16 h 15, probablement touchée par un tir d'artillerie. La déflagration a provoqué l'effondrement d'une partie du site, ensevelissant des munitions non explosées et des soldats allemands. Le nombre exact de victimes reste inconnu, malgré une étude récente approfondie. L'entrée de la poudrière est aujourd'hui condamnée par les éboulis, et personne n'a jamais déplacé les énormes blocs rocheux qui la recouvrent, même après des opérations de dépollution de surface menées par l'État dans les années 1980. Une école et une résidence ont depuis été construites juste au-dessus.

Christian Marchisio, ancien militaire et membre actif de l'association, a déclaré : « Nous aimerions entamer des démarches auprès de l'Allemagne pour identifier les combattants disparus à cet endroit. » L'association projette d'ériger une stèle devant ce qu'elle considère comme une « nécropole » en l'honneur de toutes les victimes de cette bataille. Une cérémonie commémorative en hommage aux libérateurs de la poudrière est prévue samedi à 19 h, place Louis Charry, en face des Établissements Saint-Pierre.

Un conservatoire pour raconter l'histoire du site

L'association porte également un projet de conservatoire permanent, qui devrait voir le jour dans les mois à venir. Il serait installé dans la galerie N°3 de la poudrière, sur le modèle de l'exposition présentée ce week-end. Christian Marchisio a précisé : « Nous récupérons pas mal d'objets historiques en rapport direct avec le siècle d'utilisation du site par la Marine nationale. On parle beaucoup des deux ans où les Allemands occupaient les lieux, de leur volonté aussi d'y préparer des tronçons de sous-marins, mais il y a également beaucoup d'autres choses à raconter. »

L'association lance un appel à ceux qui possèderaient des informations ou des documents sur le site. La visite est ouverte au public samedi 22 août, de 9 h à 12 h et de 13 h 30 à 18 h, offrant une occasion unique de découvrir ce lieu chargé d'histoire et de soutenir les projets de mémoire et de conservation.

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