Perpignan : 1000 ans d’histoire
Le 16 mai 1025, Perpignan entre dans l’Histoire : l’église Saint-Jean-le-Vieux est consacrée, devenant la première paroisse de la ville. Plaquée contre le flanc nord de la cathédrale actuelle, elle témoigne des origines catalanes de la cité. Une plongée dans le patrimoine local s’impose, avec pour première étape la cathédrale Saint-Jean-Baptiste. En 1324, Sanç de Majorque lance la construction d’une nouvelle église, mais guerres, peste et crises financières ralentissent les travaux. Il faut attendre le XVe siècle et l’intervention de Guillem Sagrera, architecte de la cathédrale de Palma, pour voir la reprise du chantier. Il choisit une nef unique, majestueuse, dans le plus pur style gothique. Achevée en 1509, l’église ne devient cathédrale qu’en 1602. À l’intérieur, se cachent de véritables trésors : fonts baptismaux du XIe siècle, tombeau de l’évêque Habert de Montmort, gisant du roi Sanche de Majorque.
Autre joyau à découvrir : la Casa Xanxo, splendide maison du XVIe siècle qui abrite aujourd’hui le CIAP, Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine. Sur 600 m², maquettes, diaporamas et dispositifs interactifs offrent une découverte ludique de cinq siècles d’histoire urbaine. Dernier arrêt, la villa Les Tilleuls qui accueille le musée Joseph-Puig, l’une des plus grandes collections publiques de monnaies en France. Des sesterces romains aux euros modernes, toute l’histoire économique du monde y défile.
Elne : entre patrimoine, art et nature
À Elne, le patrimoine témoigne de trois millénaires d’histoire. Dans la Ville haute, la cathédrale romane et son cloître dominent la cité. À quelques pas, le musée Étienne-Terrus expose l’œuvre du peintre local, tandis que la Maternité Suisse rappelle les heures sombres de 1939-1944. En saison, des visites guidées permettent de mieux comprendre ces lieux emblématiques. Pour une découverte en autonomie, l’application Baludik propose “Elne, à pas contés”, un jeu de piste mêlant faits historiques et légendes populaires. Les familles peuvent aussi parcourir “À travers les fresques d’Elne”, un parcours ludique disponible dans le “Carnet de jeux en Pyrénées Méditerranée”, vendu 2 € dans les offices de tourisme.
Elne vit aussi au rythme de la culture contemporaine. La médiathèque accueille petits et grands toute l’année autour de livres, jeux et animations. Entrée libre et inscription gratuite. Autre halte incontournable, le Jardin des métiers d’art. Ce havre de verdure, niché au cœur de la cité, invite à flâner entre les créations d’artistes venus de tous horizons. Dans les ruelles alentour, souffleurs de verre et restauratrice d’objets d’art perpétuent des savoir-faire rares. Enfin, Elne s’ouvre sur la mer. À quelques minutes du centre, la plage du Bocal du Tech déroule 700 mètres de sable fin, entre espace textile et zone naturiste. En chemin, la Réserve naturelle du Mas Larrieu dévoile une biodiversité exceptionnelle, entre bras du Tech et rivages méditerranéens.
Découvrez la cité des peintres
La célèbre commune de Collioure regorge de points de vue spectaculaires. Depuis la chapelle Saint-Vincent : construite en 1701 pour accueillir les reliques de Saint-Vincent, martyrisé selon la légende sur le rocher où s’élève la chapelle, elle offre un magnifique panorama sur le large et le faubourg. Depuis le phare vert : en empruntant la jetée située derrière la chapelle Saint-Vincent, on atteint le phare vert, inauguré en 1886, reconnaissable à son élégant capuchon en fer forgé. De là, la vue s’ouvre sur la baie de Collioure et l’immensité bleue de la Méditerranée. Points 2 vues : ce dispositif artistique imaginé par Marc-André Figueres propose un parcours visuel unique. Douze cadres sont à découvrir à travers toute la ville. Depuis la Gloriette : située dans le jardin de Pam, sur le chemin du moulin, la Gloriette est une élégante construction de style mauresque. À seulement 20 minutes à pied du centre historique, elle offre une vue imprenable sur la baie de Collioure, entre mer et montagnes.
Sur les chemins de l’art roman
Dans les Pyrénées Méditerranée, les pierres racontent mille ans d’histoire. Abbayes, églises et chapelles romanes surgissent du paysage, témoins du passé ancrés dans les Albères et le Roussillon. À Saint-André, l’ancienne abbaye bénédictine dévoile son linteau de marbre sculpté, ses “simiots” légendaires, son autel ouvragé, son bénitier et des pierres venues d’ailleurs. À Saint-Génis-des-Fontaines, le plus ancien linteau daté du Roussillon (1020), pièce maîtresse de l’art roman, veille sur une église dédiée à Saint-Michel. Son cloître, aux colonnes sauvées de l’oubli, retrouve vie sous la lumière. Plus loin, la chapelle Sainte-Colombe abrite les chapiteaux d’un cloître disparu, tandis que dans les hauteurs de Villelongue-dels-Monts, le prieuré du Vilar renaît grâce à la passion de bénévoles dévoués.
Fenouillèdes : de la préhistoire à nos jours
Frontière pendant près de quatre siècles, le Fenouillèdes fut le point de contact entre les royaumes de France et d’Aragon, du traité de Corbeil-Barcelone (1258) au traité des Pyrénées (1659). Latour-de-France, ancien poste stratégique, en garde la mémoire, contrôlant l’accès à la vallée de l’Agly. Mais l’histoire du Fenouillèdes remonte bien plus loin : la région regorge de trésors préhistoriques. La présence humaine y est attestée depuis plusieurs centaines de milliers d’années, avec des traces de l’homme de Tautavel (-450 000 ans) et de l’homme de Néandertal (-120 000 ans). Les dolmens d’Ansignan, Feilluns, Trilla ou Campoussy sont encore visibles aujourd’hui. Au Moyen Âge, le château des vicomtes de Fenouillet ne fut pas transformé en forteresse royale après 1258. Plus loin, à Prats-de-Sournia, la tour à signaux du XIIe siècle, intégrée à un réseau défensif, servait à transmettre les alertes par le feu. Son sommet offre un panorama spectaculaire sur les Corbières, le golfe du Lion et le Canigó. Plus proche de nous, le pont en colimaçon du col Saint-Louis, à Caudiès-de-Fenouillèdes, construit au XIXe siècle, fut le premier pont à péage après la Révolution.
La grotte la plus haute de France
Sous les falaises de marbre qui dominent le village de Fontrabiouse, un secret millénaire sommeillait. En 1958, les carriers ouvrent une brèche inattendue : la grotte de Fontrabiouse, joyau minéral façonné par le temps, se révèle. Ce réseau de galeries naturelles dévoile d’immenses salles ornées de stalactites, stalagmites, draperies, colonnes, et les célèbres aragonites d’une blancheur irréelle. Ouverte au public en 1983, avec un accès direct depuis la carrière depuis 1993, la grotte propose deux expériences de visite. La visite classique, accessible à tous, s’étend sur près d’un kilomètre. Elle offre un voyage fascinant au cœur d’un monde souterrain, à 6 °C toute l’année : lac paisible, “cheveux d’ange” suspendus au plafond, jeux d’ombres et lumières révélant les formes sculptées par les siècles. Elle dure 50 minutes et se termine par une dégustation de vin dans une salle naturelle. Pour les plus aventuriers, la visite « à l’ancienne » invite à revivre l’émotion des premiers explorateurs. Par petits groupes, équipés de lampes à carbure ou de frontales, les visiteurs plongent pendant 1h40 dans le silence et l’obscurité, éclairés à la seule lumière vacillante des flammes.



