Six-Fours : récit des derniers mois de l'Occupation avant la Libération
Six-Fours : les derniers mois de l'Occupation avant la Libération

Le 26 août 1944, Six-Fours est libérée après des mois d'évacuations forcées, de bombardements et d'arrestations. Alors que la commune célèbre le 82e anniversaire de sa Libération, retour sur les événements qui ont marqué les derniers mois de l'Occupation.

Des évacuations massives et des destructions

Au début de l'année 1944, les forces allemandes transforment le littoral en ligne de défense. Les familles n'ont parfois que douze heures pour quitter leur maison. Début mars, le maire tente de s'opposer à la brutalité des évacuations, mais la réponse allemande est sans appel : « Le maire ne commande plus, c'est nous qui commandons. »

Le phénomène prend rapidement de l'ampleur. Le 30 mars, le maire alerte le préfet : 160 familles, soit environ 700 personnes, sont concernées, près d'un quart de la population communale. Les départs s'accompagnent de destructions. Ce même jour, cinq immeubles sont dynamités. Fin mai, plus de 1 500 habitants sur les quelque 4 500 que compte Six-Fours ont dû quitter leur logement. En juin, 600 habitants du secteur du Brusc sont encore concernés.

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La politique de « terre brûlée » et les bombardements

Entre Le Brusc et Sanary, un courrier du maire décrit une véritable politique de « terre brûlée » : maisons détruites, arbres coupés, vignes et vergers arrachés. Le 17 juin, les Allemands font sauter la jetée du Brusc.

À cette menace quotidienne s'ajoutent les bombardements. Le 11 mars, une vingtaine de bombes tombent sur Six-Fours. Le 29 avril, la commune est de nouveau frappée. Lors de ce bombardement, trois civils et deux militaires allemands pénètrent dans un secteur miné. Une explosion tue une personne et en blesse quatre. Au total, huit personnes perdent la vie à Six-Fours lors de ce bombardement.

Arrestation du maire et derniers instants avant la liberté

Le 12 avril 1944, quatre équipes de travailleurs du STO sont convoquées place de la mairie. Les hommes sont embarqués vers une destination inconnue. Certains n'ont pas d'argent sur eux, d'autres n'ont pas emporté suffisamment de vêtements pour passer une nuit loin de chez eux.

Le 14 août 1944, à quelques heures du Débarquement de Provence, un nouvel ordre allemand tombe : tous les hommes valides âgés de 16 à 60 ans doivent être recensés pour être employés à des travaux. Le maire refuse de s'y plier. Il est arrêté et conduit à la Kommandantur. Il n'en ressort qu'à 17 h.

La reddition et les célébrations

Le 24 août 1944, Reynier est déjà « pavoisé de partout », mais Le Brusc reste occupé. Le lendemain, des négociations s'engagent autour du fort de Six-Fours. La reddition est fixée au 26 août à midi. Avant de déposer les armes, les Allemands détruisent une partie de leur matériel et de leurs munitions. De violentes explosions retentissent et d'épaisses fumées s'élèvent au-dessus du fort. Un habitant observe aux jumelles une colonne de 200 à 300 prisonniers.

La reddition se poursuit au Gaou, où trois officiers et 212 artilleurs de marine allemands de la batterie de la pointe Gueulois déposent les armes. Le lendemain, Reynier est « en liesse » : soldats français, chars et véhicules militaires traversent le village. Une distribution de viande de cheval est organisée pour les habitants, tandis que des chevaux récupérés au fort doivent servir à relancer les travaux agricoles et le ravitaillement.

Ce mardi 25 août, Six-Fours célèbre le 82e anniversaire de sa Libération. Les commémorations débuteront à 17 h 30 au cimetière n°2, avant un rassemblement à 18 h place Jean-Jaurès. Un défilé motorisé et à pied s'élancera à 18 h 15, suivi à 18 h 30 de la cérémonie patriotique au monument aux morts. La soirée s'achèvera à 22 h par un feu d'artifice au port de la Coudoulière. Les festivités se prolongeront mercredi 26 août à 20 h, place des Poilus, avec une soirée rétro : véhicules de la Seconde Guerre mondiale, costumes d'époque et bal au programme.

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