Saint-Affrique : visites guidées gratuites chaque jeudi de l'été
Saint-Affrique : visites guidées gratuites chaque jeudi

Chaque jeudi de l'été, la commune de Saint-Affrique, dans l'Aveyron, organise une visite guidée gratuite de la ville. Au programme : l'église, les ponts, les vieilles rues, la Maison de la Mémoire, les statues et les trompe-l'œil. La visite est menée par Eva Peretto, une guide originaire de la ville, licenciée à Albi en Production d'événements culturels, médiation et guide.

Une histoire riche à découvrir

Lors de la visite du début août, six personnes y ont participé, venues de Paris, de Villefranche-de-Rouergue, du Val de Loire et même de Saint-Affrique. Eva Peretto commence par expliquer l'origine du nom de la ville : « Le fondateur de la ville est Affricanus, un évêque persécuté par les Wisigoths au Ve siècle. Il s'est exilé ici, au bord de la Sorgues. Puis, il a évangélisé les habitants. Pour le remercier, ils ont donné son nom à la ville. » Elle ajoute : « Pendant la Révolution française, la commune s'est appelée un temps Montagne-sur-Sorgues. »

La visite se poursuit avec les incontournables : le Pont Vieux datant du XIVe siècle, classé aux Monuments historiques depuis 1886, puis l'église. « L'actuelle est la cinquième version de celle d'origine. Originale, pendant 5 ans de travaux, elle a possédé deux clochers ! La plus récente, de style gothique, date de 1913 », précise la guide.

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Épidémie de choléra et statues emblématiques

Eva Peretto relate ensuite l'épidémie de choléra qui a sévi deux mois en 1854 et qui a décimé 10 % de la population avec huit cents morts. « L'église possède une statue de Notre-Dame de Miséricorde, une figure importante pendant l'épidémie. Une procession avait été organisée, un espoir pour les malades. Les maisons des habitants qui ont guéri comportent des vierges votives, blotties dans des niches », poursuit-elle.

Autrefois, la ville vivait au rythme des marchés. Celui aux bœufs se tenait sur la place Foch, alors fermée. Une maison fut détruite pour fluidifier la circulation. Eva Peretto montre une photographie où des bovins par centaines se pressent sur ce qui est aujourd'hui un parking. Le marché aux herbes se déroulait sur l'actuelle place de l'Hôtel de ville. « Et ailleurs, notamment le boulevard Victor-Hugo, ceux pour les patates et les châtaignes », relate la jeune guide. Quant aux moulins, Saint-Affrique en comptait cent jusqu'en 1830. Un livre à la Maison de la Mémoire évoque leurs activités.

Balcons, trompe-l'œil et énigmes à résoudre

Au fil de la balade, la guide met l'accent sur les balcons et fenêtres des années 30, aux formes géométriques caractéristiques du mouvement Art déco. Puis, à droite à l'entrée de la rue Gambetta, en partant de la place de l'Hôtel de ville, elle montre trois fenêtres en trompe-l'œil. « Elles datent de l'époque où les taxes se calculaient sur le nombre d'ouverture des maisons », rapporte Eva Peretto. Les propriétaires les ayant fait dessiner pour ne pas briser l'harmonie de la façade. « Je ne les avais jamais vues ! », s'exclame la dame de Saint-Affrique.

La visite se termine à la Maison de la Mémoire, où est né Émile Borel, une figure historique de la commune, mathématicien et ancien maire. Les participants peuvent également chercher les soixante niches avec des vierges votives, dont Eva Peretto en a trouvé trente, ainsi que les croix blanches peintes sur les murs de certaines maisons, signe de protection et de souhait de bonheur. Et une énigme : « En venant de la rue du Traupont et en abordant le Pont Vieux, regardez attentivement le mur de droite, vous y trouverez l'empreinte d'une main. Celle d'un potier ? Mystère… », conclut la jeune guide.

La visite guidée est proposée tous les jeudis jusqu'au jeudi 27 août, avec un départ à 10 h devant l'Office de tourisme. Elle est gratuite, sans inscription. Pour tout renseignement, contactez le 05 65 58 56 00.

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