La citadelle de Saint-Tropez vient d'achever la deuxième phase de sa restauration extérieure, portant sur le bastion sud. Ce chantier, qui s'inscrit dans un programme global débuté en 2024, a permis de mettre au jour des éléments historiques jusqu'alors dissimulés ou oubliés. La ville a alloué un budget total de 3 725 000 euros pour la préservation de ce monument historique emblématique.
Des travaux essentiels pour la solidité de l'édifice
Les opérations ont débuté par l'arrachage des végétaux et de leurs racines qui fragilisaient la structure. Ensuite, les équipes ont conforté les fondations, logées sur la roche exposée aux vents marins. Pour limiter la pression de l'eau sur les remparts, des drains et des barbacanes ont été posés, et les arases ont été reprises. « Si on ne fait pas ces travaux, on risque de payer les dégâts pendant cinq ou dix ans », explique Michel Perrault, adjoint au patrimoine. Il souligne l'importance de prévenir les fermetures au public : « Seule exception, nous avions dû fermer à Pâques car il y a eu un effondrement au niveau de la porte principale, ça a un impact financier. »
Un parti pris esthétique pour révéler l'histoire
La restauration a été l'occasion de mettre en valeur les différentes époques de construction. Un enduit léger a été appliqué sur les pierres pour les laisser apparentes, faisant nettement apparaître les démarcations avec les rénovations précédentes. « On remarque que les premières pierres ont été prélevées sur place et plus on avance dans le temps, plus il y a des importations de pierres blanches », observe Yann De Carné, dirigeant de la société SMBR. Les murs, conçus pour résister aux tirs d'artillerie, présentent une épaisseur de maçonnerie conséquente, selon l'architecte du patrimoine Frédéric Auclair.
Des découvertes historiques inattendues
Le conservateur du musée de l'histoire maritime de la citadelle, Laurent Pavlidis, s'enthousiasme des trouvailles : « Vous voyez la pointe qui dépasse sur les fortifications, c'est une “dame”. Si des ennemis envahissaient la citadelle en escaladant, ils étaient obligés de la contourner en l'entourant de leurs bras, c'est ce que l'on appelle “embrasser la dame”. » Il ajoute : « Là, dans ce coin, il reste le creux où devait se loger un canon. » Ces derniers travaux ont également révélé des latrines du début du XXe siècle, datant de l'époque où la citadelle servait de camp de rétention pour les civils des pays ennemis pendant la Première Guerre mondiale. La prochaine phase, consacrée à la rampe d'accès de la grande entrée, devrait s'achever d'ici la fin de l'année.



