La première pierre de la Maison de la mémoire harkie à Valbonne sera posée vendredi 25 septembre 2026, jour d'hommage national. Le projet architectural, d'un coût de 600 000 euros, a été dévoilé. Il prévoit une bâtisse « brun cuivré » d'environ 80 m², entourée de végétation, avec trois places de stationnement en face.
Un projet inspiré des anciens bâtiments du hameau de forestage
Selon la demande de permis de construire, bientôt déposée, « le projet architectural s'inspire des anciennes constructions existantes sur le site, tout en s'intégrant harmonieusement à son environnement ». Ces constructions sont les anciens logements du hameau de forestage de Valbonne, situés près du rond-point des Bouillides, en forêt. C'est là qu'ont vécu, de 1967 à 1992, plus d'une trentaine de familles de harkis.
Le maire de Valbonne, Joseph Cesaro, explique que ces familles « souhaitaient depuis un lieu pour se retrouver, se souvenir et transmettre leur histoire à leurs enfants ». Le bâtiment comprendra une salle polyvalente avec une façade vitrée, où les descendants espèrent installer « des panneaux éducatifs, des expositions sur l'histoire du camp […] et voir concrètement ce qu'était notre vie ici ».
Un parcours mémoriel en plein air pour transmettre l'histoire
En plus de la bâtisse, un « grand parcours mémoriel en plein air » sera aménagé autour du site. L'objectif est de relayer le passé des harkis, notamment auprès des écoliers, et de raconter leur rôle dans la préservation des forêts en tant qu'ouvriers forestiers, ou « soldats du feu ».
Le projet a été mené avec l'association Mémoire des anciens Harkis de la cité de la Bouillide - Valbonne et leurs amis, et avec Ahmed Alexandre Dakiche, ancien habitant du hameau, qui milite aussi pour une sculpture en forme de H sur le site. « Le résultat est là. C'est concret, cela va se faire maintenant, ose à peine croire Ahmed Alexandre Dakiche. Je me disais que si je commettais l'erreur de douter de ce combat, il ne se réaliserait jamais. »
Mouans-Sartoux, une figure de proue dans la région
Le parcours a été semé d'embûches : vente du terrain à des promoteurs en 2018, rachat par la nouvelle municipalité, incompatibilité temporaire avec le Plan local d'urbanisme. Les familles ont dû patienter.
Joseph Cesaro, qui se dit « fils d'immigrés italiens », est « très sensible aux questions d'intégration, de déracinement et d'accueil ». Il ne s'est pas directement inspiré de Mouans-Sartoux, dont le hameau a été habité par près de 500 personnes, mais reconnaît que cette commune est « la figure de proue » de cette histoire dans les Alpes-Maritimes.
Le maire de Mouans-Sartoux, Pierre Aschieri, proche du Collectif des harkis des Alpes-Maritimes présidé par Ali Amrane, poursuit le travail entamé par son père André. La commune conserve des baraquements toujours debout, prépare un livre de témoignages et un « parcours mémoriel structuré ». Il salue l'initiative de Valbonne : « Cette démarche à Valbonne va indéniablement participer à une meilleure connaissance globale de l'histoire des harkis, c'est une excellente initiative. » Il estime toutefois que la reconnaissance, à l'échelle de la société, reste « trop tardive ».



