À Loupian, près de Sète, les travaux de rénovation de la place de la République puis de celle de la Libération ont permis de mettre au jour des vestiges de l’ancien fossé médiéval et des remparts du village. L’équipe du service archéologie de l’Agglo de Sète a réalisé des fouilles préventives, découvrant notamment des artefacts de vaisselle et des pièces de monnaie datées entre le XIIe et le XVIe siècle.
Des découvertes inattendues lors des travaux
Les engins de chantier ont révélé le passé médiéval de la cité du loup. Le fossé médiéval a été découvert sous la place de la République, tandis que les anciens remparts ont été trouvés sous celle de la Libération. « Ils étaient là sous quelques centimètres de goudron, note Alexandre Beylier, le responsable du service d’archéologie préventive de l’Agglo de Sète. On savait qu’ils étaient dans le secteur mais personne ne les avait vus depuis le temps. »
Le diagnostic effectué par l’archéologue Matthieu Peyrière et un collègue a permis de retrouver plusieurs objets de la vie quotidienne, probablement jetés là par les ancêtres des Loupianais. Des restes de poterie, de la vaisselle, des tuiles et quelques pièces de monnaie en bronze ou en argent, datées entre le XIIe et le XVIe siècle, ont été exhumés.
Les remparts dégagés sur près de deux mètres
Les recherches préventives ont aussi concerné les anciens remparts, dégagés sur près de deux mètres de profondeur. Ils étaient adossés à l’arrière de la chapelle Saint-Hyppolite, un édifice roman bâti au XIIe siècle. « Les remparts ont été édifiés après la construction de la chapelle. Ils sont dans un remarquable état de conservation. Ce que l’on a observé était très intéressant », assure Alexandre Beylier.
Là aussi, des restes de la vie quotidienne et des pièces ont été retrouvés, ainsi qu’un ancien four médiéval « en très mauvais état ». « Cela nous permet de saisir la réalité de l’organisation spatiale du village lors du Moyen-Âge », précise Alexandre Beylier. Les fondations d’une maison plus contemporaine, signalée sur le cadastre napoléonien, ont également été détectées.
Et maintenant ?
Les fouilles sont terminées et les sites ont été rebouchés. La place de la République, nouvelle formule, a été inaugurée la semaine dernière. Les archéologues vont désormais travailler sur leurs découvertes en laboratoire avant de transmettre leurs données aux services de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), qui a la compétence pour demander une vraie campagne de fouilles. Toutefois, étant donné le côté peu insolite ou spectaculaire du dossier, cela ne devrait pas se produire, sans compter le volet financier.
En attendant, le service d’archéologie de l’Agglo de Sète envisage de réaliser un panneau pédagogique sur site pour « informer les passants de ce qui se trouve sous leurs pieds ». Des discussions ont été lancées avec Francis Pelayo, le maire de la commune. L’idée est sur la table, et il ne reste plus qu’à établir une rencontre plus formelle.



