Une plongée dans le monde enseignant gardois d'il y a un siècle
René Doussière, président des Amis du musée, animera une conférence exceptionnelle ce vendredi 24 avril à 18 heures à la Maison du mineur de La Grand-Combe. Intitulée "Les institutrices et instituteurs du Gard en 1926 à travers le recensement et les nominations par commune", cette présentation de trois quarts d'heure s'attachera à ces hussards de la République en poste dans les communes gardoises il y a exactement un siècle.
Des archives par milliers révélant une autre réalité
L'idée de ce travail est née de la découverte fortuite d'un livret d'une cinquantaine de pages dans les vastes archives personnelles de René Doussière. "J'ai des archives par milliers et, de temps en temps, j'en ressors", explique-t-il. Ce document officiel de l'Éducation nationale recensait les mille trois cent et quelques noms des instituteurs et institutrices du public dans le Gard en 1926.
Passionné de statistiques, Doussière a méticuleusement exploité ces données pour reconstituer le profil de ces enseignants : leurs âges, leurs diplômes, leurs noms et prénoms, offrant ainsi une véritable étude démographique de ce corps professionnel à une époque charnière.
Chaque hameau avait son école : une organisation territoriale révolue
Ce recensement permet de dresser un tableau précis de la vie des communes gardoises en 1926. "À Malons-et-Elze par exemple, il n'y a plus d'école depuis une quarantaine d'années, alors qu'à l'époque il y en avait cinq", souligne le conférencier. Cette densité scolaire s'expliquait par des conditions de circulation radicalement différentes et une organisation territoriale où chaque hameau possédait son propre établissement scolaire.
L'analyse révèle aussi des disparités surprenantes : Bessèges, bien que moins peuplée que La Grand-Combe, comptait paradoxalement plus d'enseignants publics. Une différence qui s'explique par la présence importante d'écoles privées à La Grand-Combe à cette époque.
La barrière linguistique : des jeunes instituteurs face au patois
Un aspect particulièrement fascinant de cette recherche concerne la dimension linguistique. Ces jeunes instituteurs, souvent âgés d'une vingtaine d'années seulement, se retrouvaient affectés dans des communes où le patois était encore largement pratiqué. Cette différence linguistique représentait un défi pédagogique majeur pour ces enseignants fraîchement diplômés, chargés d'imposer l'usage du français dans des communautés rurales encore très attachées à leurs dialectes locaux.
Trois répertoires à disposition du public
À l'issue de la conférence, lors d'un moment convivial, le public pourra consulter librement trois importants répertoires préparés spécialement par René Doussière :
- Un premier volume regroupant les communes du sud du Gard avec les noms d'enseignants, le nombre de classes et les écoles
- Un deuxième concernant le nord du Gard et les Cévennes
- Un troisième classant tous les enseignants par ordre alphabétique
"Cela permettra à chacun d'y aller de sa recherche, trouvant peut-être un parent parmi ces hussards de la République", précise le président des Amis du musée, offrant ainsi une dimension généalogique à cette exploration historique.



