L'archéologue français Jean-Yves Empereur a réussi à reconstituer le phare d'Alexandrie, l'une des sept merveilles du monde antique, grâce à des décennies de fouilles sous-marines et l'étude de documents anciens. Cette reconstitution, présentée dans un ouvrage récent, offre une vision inédite de ce monument disparu depuis le XIVe siècle.
Des fouilles sous-marines exceptionnelles
Depuis les années 1990, Jean-Yves Empereur et son équipe ont exploré les fonds marins du port d'Alexandrie, mettant au jour des centaines de blocs de pierre, des statues et des fragments du phare. Ces découvertes ont permis de comprendre la structure de l'édifice, qui s'élevait à plus de 100 mètres de hauteur. Selon Empereur, « les blocs retrouvés pèsent jusqu'à 75 tonnes chacun, ce qui témoigne de l'ingéniosité des bâtisseurs antiques ».
Une reconstitution minutieuse
En croisant les données archéologiques avec les descriptions d'auteurs anciens comme Pline l'Ancien et Strabon, Empereur a pu proposer une reconstitution 3D du phare. Celle-ci montre un bâtiment à trois étages : une base carrée, une section octogonale et une partie cylindrique surmontée d'une statue de Poséidon. L'étude a également révélé que le phare était orné de sculptures et de fresques colorées, contrairement à l'image austère souvent véhiculée.
Un impact scientifique et culturel
Cette reconstitution a été saluée par la communauté scientifique, car elle apporte un éclairage nouveau sur les techniques de construction hellénistiques. Elle a également suscité un vif intérêt du grand public, rappelant l'importance de préserver le patrimoine culturel sous-marin. Comme le souligne Empereur, « le phare d'Alexandrie n'est pas seulement un symbole de l'Égypte antique, mais aussi un témoignage de l'échange entre les civilisations méditerranéennes ».



