À l'occasion des Journées européennes de l'archéologie, qui se déroulent ce week-end dans tout le Var, le conseil départemental ouvre les portes du couvent royal de Saint-Maximin. Ce monument, situé juste à côté de la basilique — troisième tombeau de la chrétienté — fait l'objet d'un ambitieux projet de restauration. Depuis l'été 2025, des fouilles archéologiques fructueuses y ont été menées.
Des découvertes exceptionnelles
Émilie Cipolloni et Bénédicte Montigneaux, du conseil départemental, lèvent le voile sur le passé et l'avenir de ces murs et sous-sols chargés d'histoire. « À Saint-Maximin, on sait que lorsque l'on creuse, on trouve toujours des choses intéressantes », résume Émilie Cipolloni, du service archéologie du conseil départemental. Les fouilles ont mis au jour de nombreuses sépultures d'hommes, de femmes et d'enfants, à différents niveaux (donc différentes époques), certaines dans des coffrages en pierre. Plusieurs couches de sol ont été identifiées, très instructives sur les phases d'édification du monument. Une vaste gamme de « mobiliers » (pots cassés, restes de poisson, pièces de monnaie) a également été découverte.
Des traces de viticulture vieilles de 2 200 ans
La visite permet aussi de (re)découvrir « les fouilles successives menées depuis la fin des années 1990 sur un périmètre d'une cinquantaine d'hectares, sur la commune, qui ont permis des découvertes exceptionnelles », indique Émilie Cipolloni. Parmi elles : des traces de viticulture vieilles de plus de 2 200 ans, des puits « de six mètres de profondeur, impressionnants pour l'époque », des silos pour conserver les récoltes, des inhumations de chiens « parfois seuls, parfois avec des humains », et même « les preuves de la présence d'un lac ». Ces riches traces du passé couvrent « plusieurs époques, principalement du néolithique à la protohistoire ».
Une restauration d'envergure pour un monument emblématique
Propriété du Département, le couvent royal de Saint-Maximin, apprécié de la population locale et intégré en plein centre-ville à l'ensemble royal (avec la basilique et le jardin de l'enclos), est actuellement fermé au public. Il y a encore quelques années, il accueillait un hôtel-restaurant (fermé depuis le premier confinement de 2020), l'office de tourisme (parti en 2024) et de nombreuses animations festives (Saint-Vincent, salon des santons) tout au long de l'année.
« Le conseil départemental entreprend un important chantier de restauration pour ce lieu emblématique », explique Bénédicte Montigneaux, directrice adjointe du service culture au Département. Le couvent royal accueillera à terme « un musée médiéval, avec sa boutique, une salle d'exposition temporaire, une salle de spectacle… Il s'agit d'en refaire un lieu vivant, plein d'animations ». Le montant prévisionnel total de l'opération frôle les 50 millions d'euros, pour une livraison espérée en 2032.
Le jardin de l'enclos également restauré
Parallèlement, le jardin de l'enclos fait l'objet d'un ambitieux projet de restauration, d'ici 2027, pour retrouver en partie ses caractéristiques médiévales. « Nous devrions même rouvrir un souterrain reliant le jardin de l'enclos au couvent royal ». Ainsi, l'ensemble royal de Saint-Maximin retrouvera son prestigieux lustre d'antan.
Ce dimanche, de 10 h à 17 h 30 : présentation du projet du Couvent royal et des fouilles archéologiques de la plaine de Saint-Maximin.



