Haut-Karabakh : la mémoire arménienne menacée par la destruction du dernier vestige
Haut-Karabakh : la mémoire arménienne menacée

Le monastère de Dadivank, dernier vestige du Haut-Karabakh sous contrôle arménien, a été dynamité le 15 juin 2026 par les forces azerbaïdjanaises, selon des images satellite vérifiées par l'ONG Crisis Relief. Ce sanctuaire du VIIe siècle, situé dans la région du Karabakh, était un symbole de la présence chrétienne arménienne dans cette zone disputée. Les autorités azerbaïdjanaises affirment qu'il s'agit d'une opération de démolition pour raisons de sécurité, mais les Arméniens y voient un acte délibéré d'effacement culturel.

Un patrimoine séculaire réduit en poussière

Le monastère de Dadivank, inscrit sur la liste indicative du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2020, était l'un des rares édifices religieux arméniens encore debout après la guerre de 2023. Sa destruction porte à 17 le nombre de sites culturels arméniens détruits ou endommagés dans le Haut-Karabakh depuis le conflit, selon un rapport de l'ONG Heritage Watch publié en mai 2026. Le site abritait des fresques uniques et une bibliothèque de manuscrits anciens, dont 80 % ont été perdus dans l'explosion.

La réaction de la communauté internationale

Le 18 juin, le Parlement européen a adopté une résolution condamnant "la destruction délibérée du patrimoine culturel arménien" et appelant à des sanctions contre Bakou. La France a convoqué l'ambassadeur azerbaïdjanais à Paris. Cependant, l'Azerbaïdjan rejette ces accusations. "Les gens peuvent nous réduire au silence, mais ils ne parviendront pas à effacer notre mémoire", a déclaré le ministre arménien de la Culture, Armen Amiryan, lors d'une conférence de presse à Erevan le 19 juin.

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Un précédent inquiétant pour le patrimoine mondial

Cette destruction s'inscrit dans une série d'attaques contre le patrimoine culturel dans les zones de conflit. En 2025, l'UNESCO avait envoyé une mission d'évaluation au Haut-Karabakh, mais n'avait pas pu accéder au monastère de Dadivank en raison de l'instabilité sécuritaire. Selon un rapport de l'UNESCO de 2024, 35 % des sites culturels de la région ont été endommagés ou détruits depuis 2020. La perte de Dadivank est considérée comme irréparable par les experts.

La mémoire arménienne en danger

Pour les Arméniens, ce lieu était un pilier de leur identité nationale. "Dadivank n'était pas seulement une église, c'était le cœur battant de notre histoire dans le Karabakh", a confié le père Hovhannes, un prêtre orthodoxe arménien, à l'Agence France-Presse. Des milliers de personnes ont manifesté à Erevan le 20 juin pour protester contre la destruction. Le gouvernement arménien a annoncé son intention de saisir la Cour internationale de justice pour "crime contre le patrimoine culturel".

Quelles conséquences pour la région ?

Cet événement risque de raviver les tensions entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, déjà exacerbées par le conflit de 2023. Les analystes estiment que la destruction de Dadivank pourrait compromettre les négociations de paix en cours sous médiation russe. Moscou a appelé à la retenue, mais n'a pas condamné explicitement l'action azerbaïdjanaise. L'Union européenne a gelé une partie de son aide à Bakou, tandis que les États-Unis ont imposé des restrictions de visa à plusieurs responsables azerbaïdjanais.

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