Fresque d'Ernest Pignon-Ernest inaugurée 17 ans après au collège
Fresque Pignon-Ernest inaugurée 17 ans après

Ce mardi 6 octobre 2026, à midi, le collège René-Cassin de Tourrette-Levens a enfin inauguré la fresque qu'Ernest Pignon-Ernest avait réalisée il y a 17 ans dans son hall d'entrée. L'œuvre, consacrée au Prix Nobel de la paix niçois, n'avait jamais été célébrée officiellement, un oubli réparé en présence de l'artiste de 84 ans.

Une œuvre restée 17 ans sans inauguration

La fresque, qui avait demandé quinze mois de travail, ornait le hall d'entrée avant même la naissance des élèves qu'il accueille aujourd'hui. Aucune cérémonie n'avait jamais eu lieu. C'est le nouveau principal, Jean-Michel Grevoul, qui a pris l'initiative de cet hommage, en présence du pionnier niçois du street art, du maire Bertrand Gasiglia, des enseignants et des élèves.

« 17 ans. Déjà 17 ans », a lancé Jean-Michel Grevoul, « heureux et fier » de réunir enfin autour de l'œuvre, de l'artiste (auquel il a rendu un hommage appuyé) et de la figure de René Cassin.

Les « flambeaux » d'Ernest Pignon-Ernest

Le juriste niçois qui a donné son nom au collège, Prix Nobel de la paix en 1968, fut l'un des principaux rédacteurs de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Ernest Pignon-Ernest a tracé ses traits à la plume, avec laquelle il a recopié un extrait de l'article 26 : « L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine. »

« C'est un choix esthétique, c'est un choix éthique », a justifié l'artiste. Face à une époque saturée d'images simplifiées, la plume affirme pour lui la place de la pensée. Autour de Cassin se déploie une galerie de figures : Émile Zola, Charles de Gaulle, Arthur Rimbaud, Pablo Picasso.

Les « flambeaux » de l'artiste, en référence à Victor Hugo : « Quand la nuit essaie de revenir, il faut allumer les grandes dates comme on allume des flambeaux. » Pour Ernest Pignon-Ernest, chacun de ces visages est une lumière face à l'obscurantisme, incarne un combat pour la liberté, la justice ou la dignité humaine, et invite à s'interroger sur l'histoire. « Au fond, mon discours est là-dedans », a-t-il confié en désignant de l'index sa fresque.

René Cassin, une figure inspirante

Soulignant l'apport considérable - la notion de dignité humaine, quelle que soit l'origine, ainsi que des droits économiques, sociaux et culturels - de René Cassin dans le texte de 1948 par rapport à celui de 1789, le principal Jean-Michel Grevoul a replacé le symbole dans la mission de l'établissement : former des citoyens libres et éclairés.

Le maire Bertrand Gasiglia y est également allé de son éloge au juriste niçois, « figure historique trop peu connue », grièvement blessé pendant la Première Guerre mondiale puis parmi les premiers à rejoindre le général de Gaulle à Londres en 1940. La cérémonie se déroulait au lendemain du 39e anniversaire de l'entrée de René Cassin au Panthéon.