Le fort Saint-André de Villeneuve-lez-Avignon, monument emblématique de la région, lève le voile sur une période trouble de son histoire : la Seconde Guerre mondiale. Une exposition temporaire, intitulée « Le fort Saint-André dans la tourmente de la guerre 1939-1945 », se tient actuellement dans l'enceinte du monument. Elle révèle comment ce lieu chargé d'histoire a vécu l'Occupation, la Résistance et la Libération.
Un fort transformé en lieu de détention
Dès 1940, le fort Saint-André est réquisitionné par les autorités de Vichy. Il devient un centre de rassemblement des étrangers, principalement des réfugiés espagnols fuyant le franquisme, ainsi que des Tsiganes. Les conditions de vie y sont extrêmement précaires : promiscuité, manque de nourriture et de soins. Les témoignages de l'époque décrivent un quotidien marqué par la faim et le froid, dans des bâtiments militaires vétustes.
La Résistance s'organise dans l'ombre
À partir de 1943, le fort devient un enjeu stratégique. Les forces d'occupation allemandes investissent les lieux, installant des postes de surveillance et des dépôts de munitions. Dans le même temps, la Résistance locale, notamment le réseau "Combat", utilise les bois environnants pour organiser des filières d'évasion et des actions de sabotage. Plusieurs habitants de Villeneuve-lez-Avignon paient de leur vie leur engagement : des arrestations ont lieu en 1944, suivies de déportations.
La libération du fort en août 1944
Le 25 août 1944, les troupes alliées, appuyées par les résistants locaux, libèrent le fort après de brefs combats. L'exposition présente des documents d'archives, des photographies et des objets d'époque, prêtés par des familles de résistants ou issus des collections du Centre des monuments nationaux. Elle met également en lumière le rôle du fort dans la protection du patrimoine : les œuvres d'art du musée Calvet d'Avignon y ont été mises à l'abri des bombardements.
Un lieu de mémoire à redécouvrir
Cette exposition s'inscrit dans le cadre des commémorations du 80e anniversaire de la Libération. Elle est visible jusqu'au 30 septembre, tous les jours de 10h à 18h. Le fort Saint-André, qui attire chaque année plus de 100 000 visiteurs, ajoute ainsi une page essentielle à son histoire. Une visite guidée thématique est proposée chaque dimanche après-midi, permettant d'approfondir la connaissance de cette période sombre mais fondatrice.



