Dans le périmètre Unesco de Nice, l'installation de moteurs de climatisation en façade est strictement encadrée. L'architecte des bâtiments de France (ABF), Luc Albouy, détaille les solutions pour rafraîchir les logements sans défigurer le patrimoine.
Une interdiction relative, mais des solutions possibles
Luc Albouy précise : « Il n'est pas possible de modifier les façades en y installant ces dispositifs qui sont une source de pollution visuelle, sonore et thermique. Mais attention, ce n'est pas un rejet catégorique dans la mesure où il est possible d'étudier quelles solutions peuvent être apportées aux logements concernés. » L'ABF travaille au cas par cas avec les copropriétés, comme à Cimiez où des blocs-moteurs ont été installés à l'arrière, de manière discrète.
Le Vieux-Nice : un exemple de conception intelligente
Dans le Vieux-Nice, les rues étroites offrent une fraîcheur naturelle. « Ce quartier, en réalité, est très bien conçu car les rues sont étroites donc il n'y a pas de soleil au sol et il fait frais. Lorsque les habitants ferment les persiennes et ouvrent les portissols, le courant d'air s'engouffre dans le logement et le rafraîchit », constate Luc Albouy.
Des alternatives avant la climatisation
Avant d'installer un climatiseur, l'ABF recommande d'essayer d'autres solutions : fermer volets et fenêtres aux heures chaudes, ouvrir la nuit pour créer un courant d'air, et surtout installer des brasseurs d'air au plafond. « Ils consomment très peu d'énergie et rafraîchissent le corps par des mécanismes purement physiques et très efficaces », souligne l'architecte. Si nécessaire, des climatiseurs monoblocs peuvent être installés, mais ils ne refroidissent qu'une surface limitée.
L'ABF : concilier patrimoine et modernité
Les architectes des bâtiments de France sont des fonctionnaires de l'État qui veillent à la préservation des espaces protégés. Sur les 14 000 dossiers traités chaque année par l'équipe de Luc Albouy, seule une faible minorité est refusée. « Ce peut être la démolition d'une petite villa du XIXe siècle », explique-t-il. Il prône le dialogue pour trouver des solutions, comme pour l'installation de panneaux solaires à la Chambre de commerce et d'industrie, ou sur le lycée Sasserno, où des panneaux en teinte terre cuite ont été proposés pour limiter la pollution visuelle.



