La cathédrale Saint-André de Bordeaux s'engage dans un chantier historique
Après plus d'une décennie d'attente, la cathédrale Saint-André de Bordeaux est enfin plongée dans un double chantier d'envergure : la rénovation de sa nef et la construction d'un nouvel orgue de pointe. Ce projet, qui vise à redonner tout son éclat à ce monument emblématique, doit être finalisé d'ici 2030, sous réserve que le financement soit assuré d'ici 2028.
Un orgue démonté et une nef en attente
Les visiteurs de la cathédrale Saint-André, à Bordeaux, pourraient trouver la nef inhabituellement vide au printemps 2026. L'orgue installé en 1982 à l'ouest a été démonté fin mars, et son emplacement restera inoccupé jusqu'à la fin 2029 ou début 2030. Ce démontage marque le début de travaux évoqués depuis plus de dix ans, avec une décision prise en 2015 de construire un nouvel instrument plutôt que de restaurer l'ancien.
Jean-Baptiste Dupont, titulaire de l'orgue, explique : « L'ancien orgue avait été fabriqué avec des matériaux de trop mauvaise qualité, qui n'ont pas tenu sur la longueur. De plus, il n'était pas dimensionné au lieu et manquait de présence sonore. » Les tuyaux de l'ancien orgue ont été retirés en mars, et seulement 400 pourront être réutilisés dans le nouvel instrument.
Un calendrier coordonné avec la restauration de la voûte
Le chantier de construction du nouvel orgue s'aligne sur celui de la restauration de la voûte de la nef, que la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) doit lancer à la mi-mai. Trois ans de travaux sont prévus, durant lesquels l'orgue sera construit en parallèle entre l'Autriche et le Morbihan, tandis que son buffet, classé monument historique, sera restauré en atelier. L'installation complète est programmée dans une nef rénovée à partir de 2030.
Jean-Denis Portelli, président de l'association Cathedra, créée pour défendre le patrimoine de la cathédrale, souligne : « Notre challenge, c'est que la campagne de dons ne s'arrête pas. Nous avons deux ans pour trouver 700 000 euros. » Les autorités religieuses et Cathedra ne regrettent pas l'ancien orgue, construit par un facteur ayant déposé son bilan peu après.
Un financement crucial et des innovations sonores
Le nouvel orgue représente un coût de 4 millions d'euros. L'État contribue avec une subvention d'un million, tandis que les fondations Etrillard et Fayat apportent environ 400 000 euros. La Fondation du patrimoine a ouvert un appel à financement, et plus de 6 000 donateurs individuels ont déjà participé. Pour stimuler les dons, Cathedra propose de parrainer des tuyaux, avec huit formules allant de 50 à 2 000 euros.
Le futur instrument comptera 6 800 tuyaux regroupés en 98 jeux. Jean-Baptiste Dupont décrit : « L'esthétique sera celle d'un orgue symphonique, avec des sons plus graves et des masses orchestrales marquées. La sonorité sera plus puissante, mais conçue pour envelopper l'auditeur plutôt que l'écraser. Innovation majeure : le système de touches permettra de doser le volume sonore, comme sur un piano. »
Ambitions culturelles et célébrations futures
Avec ce nouvel orgue, Cathedra aspire à développer un partenariat avec le conservatoire de Bordeaux pour former des étudiants et attirer de grands artistes internationaux. Jean-Denis Portelli espère marquer les 700 ans de la vie musicale de la cathédrale, rappelant que la première grande célébration dans la nef remonte à 1330, suggérant la présence d'un orgue dès cette époque.
Ce projet symbolise un renouveau pour le patrimoine bordelais, combinant tradition et modernité pour préserver l'héritage culturel de la cathédrale Saint-André.



