Le 7 décembre 1996, le canal du Midi était inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Trente ans plus tard, cet ouvrage d’art qui traverse notamment l’ouest de l’Hérault continue d’émerveiller. À l’occasion de cet anniversaire, Évelyne Sanchis, cheffe du service patrimoine et culture à Voies navigables de France (VNF) Sud Ouest, revient sur les apports de ce classement et les enjeux à venir.
Une reconnaissance universelle pour un génie créateur
« C’est la reconnaissance de la valeur universelle exceptionnelle du canal du Midi », déclare Évelyne Sanchis. Le Comité du patrimoine mondial a retenu quatre critères pour justifier ce classement. Le premier est la reconnaissance du génie créateur humain : Pierre-Paul Riquet a su trouver la solution pour réaliser ce gigantesque canal reliant la Méditerranée à l’Atlantique. Le défi majeur était l’alimentation en eau de ce canal artificiel, surtout aux points hauts. Riquet a puisé l’eau dans la Montagne Noire via des ruisseaux, une solution hyper ingénieuse.
Le point le plus haut, le seuil de Naurouze (dans l’Aude, à la frontière avec la Haute-Garonne), fait office de ligne de partage des eaux : d’un côté l’eau coule vers la mer, de l’autre vers l’Atlantique. Riquet a également innové avec les écluses de Fonseranes, le tunnel de Malpas, le barrage de Saint-Ferréol et tout le système d’alimentation. « Cela démontre une maîtrise hydraulique et technique », souligne Sanchis.
Rayonnement et aménagement du territoire
Le Comité a aussi retenu le rayonnement de cette création, son caractère représentatif de l’époque et son inscription dans l’aménagement du territoire, notamment via le développement du commerce. L’Unesco, créée après la Seconde Guerre mondiale pour maintenir la paix par l’éducation et la culture, porte des valeurs auxquelles VNF adhère pleinement. « Pour nous, s’inscrire dans les valeurs de l’Unesco, c’est un engagement à maintenir le canal du Midi pour les générations futures », insiste Évelyne Sanchis. Ce 30e anniversaire est l’occasion de faire connaître ces valeurs au public.
Les retombées concrètes du label Unesco
Le label Unesco apporte un rayonnement plus fort, un développement touristique et une coopération accrue avec les acteurs locaux. Un plan de gestion Unesco a été mis en place. Surtout, il a permis la protection juridique du bien. Dès 1996, les premiers arrêtés de classement ont été validés, au titre des sites classés selon le Code de l’environnement, et de nombreux ouvrages ont été protégés au titre des monuments historiques.
Le défi de l’eau pour l’avenir
Demain, l’enjeu principal est la gestion de l’eau face à la sécheresse estivale et aux événements climatiques extrêmes comme la tempête Nils, qui a causé d’importants dégâts. VNF a lancé une démarche pour améliorer la gestion hydraulique : un projet d’équipement pour mieux connaître les niveaux d’eau et gérer les vannes à distance, afin de gagner en réactivité et d’économiser l’eau. Par ailleurs, 50 à 60 % de l’eau du canal est utilisée pour l’irrigation agricole, ce qui nécessite une collaboration avec le monde agricole.



