Canal du Midi : 30 ans après l'Unesco, la prouesse fascine toujours
Canal du Midi : 30 ans Unesco, prouesse fascine

Trois décennies après son entrée au patrimoine mondial de l’Unesco, le canal du Midi, dont une large partie traverse l’ouest Hérault, continue de fasciner. À l’occasion de cet anniversaire, des passionnés racontent cet incroyable ouvrage qui attire des touristes du monde entier. Avec ses 240 kilomètres, de Toulouse jusqu’à la sublime pointe des Onglous, à Marseillan, le canal du Midi incarne un joyau patrimonial consacré il y a 30 ans par son classement à l’Unesco.

Un passionné aux multiples ressources

Philippe Calas, premier adjoint à Portiragnes et auteur de sept livres sur le canal du Midi, a créé le site canalmidi.com en 1999. Il a amassé une quantité exceptionnelle de données : itinéraires à vélo, cartes postales anciennes, informations pratiques, aspects historiques et techniques. "Je suis allé à Toulouse, aux archives, discuté avec Michel Adgé, grand spécialiste à Agde", explique-t-il.

La fascination reste intacte : "Ce qui est incroyable, c’est qu’avec les moyens techniques de l’époque – il a été fini en 1681 – on ait réussi à faire venir l’eau sur 240 kilomètres avec des courbes, de l’altitude. C’était il y a plus de 350 ans, ça me fait halluciner qu’on ait pu arriver à faire ça ! La personnalité de Pierre-Paul Riquet est d’ailleurs intéressante", souligne le Portiragnais.

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Une prouesse technique et économique

Écluse ronde à Agde, pont canal de Répudre, tunnel du Malpas ("le premier tunnel fluvial au monde")… Philippe Calas insiste sur la prouesse technique. "Et ils ont amélioré au fur et à mesure la résistance des matériaux avec, par exemple, les murs des écluses ovoïdes, en voûtes, pour résister à la pression de la terre."

Autre volet intéressant : "L’histoire. Car le canal a permis le développement économique de notre région. C’est le premier coup d’accélérateur pour l’activité économique du Languedoc. Les cultures, les vins… peuvent être transportés dans la France entière." Pendant 150 ans, un système de transport des passagers a également fonctionné.

Du déclin au renouveau touristique

La fin du transport marchand, avec la concurrence du chemin de fer dans les années 1970, laisse le canal dans une période de flottement, jusqu’à ce que le tourisme fluvial prenne le pas. "Le classement à l’Unesco a confirmé la valeur de cet ouvrage qui, dans l’esprit des gens, n’en avait plus. Ça a été un argument pour l’attractivité à l’étranger", explique Philippe Calas.

Dans un contexte où la sécheresse aujourd’hui et le chancre coloré hier l’ont fragilisé, Voies navigables de France (VNF), gestionnaire de l’ouvrage, cherche à le valoriser au maximum. Le canal du Midi continue d’attirer des touristes du monde entier et de fasciner les locaux.

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