Le Festival international du roman noir a organisé sa balade littéraire pédestre avec l’écrivain Julien Codaccioni, entre mer et étang, ce samedi 17 octobre à Frontignan-Plage. La trentaine de participants a suivi l’auteur sur les traces de son dernier roman, Deux p’tites baltringues, sans que personne n’ait eu à le repêcher, malgré l’attirance affichée de l’écrivain pour l’eau.
Un parcours entre mer et étang, ponctué de lectures
La balade littéraire, imaginée par l’équipe du festival, avait de quoi inquiéter : la mer et l’étang figuraient parmi les étapes. Les participants n’en sont pas ressortis trempés et ne se sont pas sentis, non plus, comme deux ronds de frite, même si celles-ci ne sont pas absentes du polar. Elles se glissent dans un sandwich de boulettes en sauce, « de quoi faire péter le dextro d’un diabétique en un coup d’œil », un plaisir laissé à l’un des baltringues, Mauro.
Julien Codaccioni s’est plié à l’exercice de la lecture d’un extrait de son polar dans le jardin de la Villa Miramar. Les créatures de l’écrivain, Mauro et son colocataire Yann, deux trentenaires un peu tocards, déclassés, crétins mais jamais méchants, et ados attardés, ont guidé le groupe de la plage du Chant des vagues, nom que lui ont donné les habitants, jusqu’à la Villa Miramar, puis l’étang d’Ingril, devant la fresque La Vague, avant un dernier arrêt au Port des pauvres.
Un itinéraire chargé de sens
Le parcours n’avait rien d’anodin. La luxueuse Villa Miramar faisait écho à ces résidences et complexes hôteliers que les promoteurs multiplient sur le littoral pour les touristes aux poches pleines, et que l’auteur égratigne dans son roman, parce qu’ils laissent sur le carreau des centaines de Mauro et de Yann, habitants du coin sans le sou, broyés par un système qui a fait de l’argent son veau d’or.
De la Corse à Frontignan, ces deux personnages ont donc quitté leur île, qui ressemble furieusement à la Corse, celle où est né l’écrivain, pour Frontignan-Plage. Terminer au Port des Pauvres avait alors des airs de planche de salut, et non de surf, pour ces anti-héros devenus presque familiers à chaque étape franchie, et surtout sympathiques malgré eux.