Alès : une bataille citoyenne pour préserver un trésor architectural menacé
Dans le cœur historique d'Alès, une vive mobilisation citoyenne s'organise pour contrer un projet de démolition qui menace un îlot patrimonial précieux de la rue Cavalerie. Ce site, situé au début du faubourg du Soleil, abrite des vestiges architecturaux remontant au XVIIIe siècle, dont deux hôtels particuliers qui pourraient être rasés pour laisser place à des constructions nouvelles à vocation sociale.
Un passé templier en péril
La rue Cavalerie tire son nom de l'ancienne commanderie des Chevaliers du Temple qui s'élevait autrefois à cet emplacement, avec l'église Sainte-Agathe de la Milice du Temple. Les pierres de cette église, réemployées depuis le XVe siècle, se trouvent aujourd'hui dans la tour de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, témoignant de l'importance historique du lieu.
Anne-Claire Navarro et Bernard Ducroix, représentants de la Fondation du patrimoine, ont exprimé leur profond désarroi face à ces destructions programmées sur la rive droite du Gardon. Ils soulignent que ces bâtiments conservent les traces tangibles d'un passé séculaire qui mérite d'être préservé pour les générations futures.
Deux hôtels particuliers en sursis
Sur le site des anciens bâtiments du XIIe siècle se dressent aujourd'hui deux hôtels particuliers : l'un datant de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, l'autre du début du XIXe siècle. Bien que toujours occupés, ces édifices sont menacés de destruction. Les défenseurs du patrimoine plaident pour leur conservation et leur réhabilitation, arguant de leur valeur architecturale et historique.
Des interrogations sur les procédures
Les membres du groupe citoyen s'interrogent sur le manque d'investigations approfondies avant le lancement des travaux. Ils rappellent qu'un spécialiste de l'agence départementale des Bâtiments de France s'est récemment rendu sur place pour évaluer les immeubles concernés par la démolition. Sa mission incluait la saisie du département régional d'archéologie pour dater les parties les plus anciennes du soubassement.
« On trouve déplorable qu'avant les travaux une enquête plus poussée n'ait été lancée avant de faire le diagnostic définitif », déplorent les militants. « Des élus nous disent que c'est bâti sur du limon et que ça ne tiendra pas… pourtant depuis 250 ans, ça tient ! »
Une mobilisation qui fait polémique
La perspective de voir disparaître ces témoins du passé a suscité une polémique locale. Les défenseurs du patrimoine insistent sur la nécessité de concilier développement urbain et préservation du patrimoine historique. Ils appellent à une réflexion plus approfondie sur l'avenir de ce quartier, où histoire et modernité pourraient coexister harmonieusement.
Cette affaire met en lumière les tensions fréquentes entre les impératifs du logement social et la sauvegarde du patrimoine architectural, un débat qui dépasse le cadre local pour toucher à des questions nationales de conservation du patrimoine.



