À Bordeaux, 265 blocs de pierre datant des trois premiers siècles de notre ère ont été intégrés dans une base de données numérique. Cette initiative, menée par des chercheurs de l’Institut de recherche sur l’architecture antique (Iraa), un laboratoire du CNRS et de l’université de Pau, vise à reconstituer les premiers monuments de la ville, détruits il y a 1 700 ans.
Un travail de longue haleine
Les chercheurs travaillent sur le Bordeaux gallo-romain des trois premiers siècles, dont les édifices ont été démantelés au début du IVe siècle pour servir de matériaux à la construction des remparts gallo-romains. Au total, 403 blocs de pierre ont été conservés, et 265 d’entre eux sont désormais répertoriés dans une base de données numérique au printemps 2026.
Des données précises pour une meilleure conservation
Cette base de données permet de renseigner avec précision les caractéristiques de chaque bloc : dimensions, poids, inscriptions ou sculptures. Elle offre également la possibilité de détecter d’éventuels risques de détérioration et de manipuler ces images numériques plus facilement que les blocs réels, dont certains pèsent plus d’une tonne.
Des correspondances inattendues
Véronique Picard, chercheuse impliquée dans le projet, indique que des correspondances commencent à être trouvées entre les blocs. Elle montre deux éléments présentant des sculptures de cupidons dont l’assemblage est cohérent, ouvrant la voie à une reconstitution virtuelle des monuments.
Vers l’identification des Piliers de tutelle
Une autre piste de travail concerne l’identification d’éléments des Piliers de tutelle, l’ancien temple qui se trouvait à l’emplacement de l’actuel Grand-Théâtre. Les recherches se poursuivent pour reconstituer ce monument emblématique.
Cette démarche numérique représente une avancée majeure pour l’archéologie bordelaise, permettant de préserver et d’étudier le patrimoine antique de la ville sans manipuler les pierres originales.



