Théa : pop brute et politique au Crossover Festival à Nice et Marsatac
Théa : pop brute et politique à Nice et Marseille

Théa, une artiste à la pop brute et politique

Le jeudi 4 juin, la chanteuse Théa investira la scène du Stockfish à Nice pour clore le volet printanier du Crossover Festival. Elle se produira ensuite au festival Marsatac à Marseille le 13 juin. Révélée par sa pop colorée, l’artiste originaire d’Île-de-France transforme ses chansons en espaces d’expression intime et politique.

Une génération marquée par l’urgence

À 24 ans, Théa appartient à une génération marquée par l’urgence climatique, les bouleversements sociaux et les questions d’identité. Chez elle, la musique est une vocation. « Mes parents me disent que je chantais avant de parler », s’amuse-t-elle. Après avoir débuté par la batterie, elle grandit nourrie par le rock français de ses parents et le punk rock (Sum 41, Linkin Park) de ses grands frères.

« C’est le rose et le noir »

Son univers se résume dans une formule tirée de son titre Hannah Montana : « J’ouvre un magasin de larmes ». Une métaphore qu’elle assume pleinement : « Je fais de la musique “emo”. Je parle de sujets qui ne sont pas toujours faciles, même dans de la musique très colorée. Je mets des codes-barres sur mes problèmes et mes larmes ». Derrière les refrains dansants se cachent ainsi des récits d’amour, de solitude et de marginalisation. « Dans ma musique, il y a un grand écart entre des émotions très brutes, crachées comme ça, et des productions très pop pour danser. C’est le rose et le noir », décrypte l’artiste.

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L’intime et le collectif

Pour elle, l’intime est indissociable du collectif. En abordant ses propres failles, elle touche un public qui cherche sa place. « J’aborde des thématiques intimes sous le prisme d’une identité qui n’était pas forcément représentée, et c’est là que les gens ont suivi », observe-t-elle. « Quand il s’agit de raconter une histoire d’amour queer, forcément, ça touche la communauté. Mais au-delà, beaucoup de gens qui ne se sentent pas à leur place se retrouvent dans ces chansons. »

Un acte politique sur scène

Sur scène, cette liberté devient un acte politique. Inspirée tant par le rock que par l’énergie brute des free parties, Théa prend la parole pour évoquer la Palestine, le Congo ou les droits des personnes transgenres. « On en meurt encore d’être trans, on meurt encore d’être marginalisés. Dire “on est beaux, et si vous kiffez la musique, ben venez, on se donne un peu de la force entre nous”, c’est essentiel », résume celle qui est personnellement concernée par le sujet.

La création numérique comme liberté

Cette liberté de ton passe également par la création numérique. Depuis ses débuts, l’ordinateur est son principal instrument de composition. « Ce n’est pas seulement un espace pour enregistrer ma musique, c’est un espace pour faire exister les sons, les modifier et créer des mondes à partir de rien », analyse-t-elle. Chaque chanson naît d’une idée forte. Son dernier titre, Y’a rien à faire, en est l’illustration : un texte sombre et direct sur les difficultés à avancer, propulsé par un puissant drop techno et digital.

« Tant qu’ils ressentent quelque chose de fort »

À Nice, où elle se produira pour la première fois, Théa espère avant tout susciter une réaction. « Le pire, ce serait que les gens n’en aient rien à faire. Tant qu’ils ressentent quelque chose de fort, qu’ils aiment ou pas, je suis contente », tranche-t-elle. La soirée débutera avec deux premières parties : Global Industrial Culture proposera un set house hypnotique mêlant influences deep, acid et space house, tandis qu’Aymce, artiste originaire du Sud, croisera techno brute et codes du rap contemporain.

Programmation et dates

Si Théa clôture la session printanière du festival avant de s’envoler pour Marseille à Marsatac (le 13 juin) puis pour le festival Avec le Temps (le 26 mars 2027), le Crossover Festival n’a pas dit son dernier mot. Le public pourra se retrouver cet été pour l’ultime date de l’édition 2026 : le 21 août avec le DJ Mosimann.

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  • Jeudi 4 juin : Crossover, à 19h au Stockfish à Nice. À partir de 20 euros. Rens. festival-crossover.com
  • Samedi 13 juin : Marsatac, à partir de 17h au Parc Borély à Marseille. À partir de 60 euros. Rens. marsatac.com