Le documentaire « Stromae, le vertige du succès », réalisé par Corentin Chrétien Droz, sera diffusé ce jeudi 25 juillet à 22h50 sur France 4. D'une durée de 1h40, il est également disponible en replay sur france.tv. Ce film intime retrace le parcours de l'artiste belge, souvent décrit comme le « petit-fils spirituel de Jacques Brel », entre réussite éclatante et dépression profonde.
Un artiste tiraillé entre deux identités
Le réalisateur part du postulat que son sujet est double : d'un côté, l'homme Paul Van Haver, de l'autre, l'artiste Stromae. Une vision a priori simpliste, mais qui fonctionne. Stromae apparaît comme un chanteur insatiable, un ogre qui veut le monde à ses pieds. Paul Van Haver, lui, est fatigué, limite dépressif, et l'idée du suicide lui a même traversé l'esprit. Le documentaire montre cette dualité constante : il souffre quand il n'a pas de succès, et il souffre d'en avoir. Il veut remplir des salles gigantesques, parcourir le monde, qu'on l'aime, mais il déplore de ne pas pouvoir déjeuner en famille tranquillement, anonyme, au restaurant du coin.
Le succès fulgurant et ses tourments
Stromae a tout fait pour arriver au sommet, lui, le fils d'une mère courage qui a élevé ses enfants seule. Son père, au Rwanda, était un coureur de jupons, comme le raconte la chanson « Papaoutai ». Stromae s'est essayé au rap avant de virer électro. En 2010, « Alors on danse », texte désespéré sur un rythme pop-électro, est un triomphe. Mais cette question le hante : sera-t-il l'homme d'un seul tube ? Deux ans plus tard, son retour est poussif, mais pas pour longtemps. « Racine carrée », son deuxième album sorti en août 2013, et la tournée mondiale qui suit cartonnent. L'album contient sept tubes. Stromae est partout : chaque continent le réclame, les dates de concert s'accumulent. Le planning de Stromae est plein, mais Paul manque de sommeil. C'est le vertige.
La dépression et la renaissance
Il est au plus fort de la dépression lorsqu'il interrompt sa tournée en Afrique. Il devrait être tellement fier de sa réussite, pourtant les idées noires l'envahissent. Son frère le sauve en identifiant les effets secondaires d'un traitement contre le paludisme, en partie responsables de son état. Le Belge reviendra en 2022 pour mieux disparaître à nouveau. On finit par le plaindre d'avoir autant de succès. Le documentaire suit ce fil rouge : ses apparitions spectaculaires et ses disparitions longues, parfois inattendues, subites.



