Solann, la révélation féminine des Victoires de la musique 2025, en concert à Mougins
La chanteuse Solann, surnommée la « sorcière réconfortante » de la chanson française, sera en concert à Scène 55 à Mougins le vendredi 3 avril. Révélée par le titre « Rome », hymne pop qui mêle mythologie et féminisme, cette artiste de 26 ans a été sacrée révélation féminine aux Victoires de la musique 2025. Son premier album, Si on sombre ce sera beau, cumule des millions d'écoutes, et elle vient de remplir le Zénith de Bercy, confirmant son ascension fulgurante dans le paysage musical français.
Un univers artistique unique entre mysticisme et féminisme
Solann façonne une pop à fleur de peau, portée par une voix claire et des textes obscurs. Sur scène, drapée de robes aux accents médiévaux, elle ondule avec une présence étrange et magnétique, entre créature onirique et figure familière. Ses deux points noirs soulignant son regard ajoutent une signature presque rituelle à son apparence. Son univers musical, doux et troublant, est capable de consoler autant que de fissurer, transformant ses failles en force vive.
Fille d'un père comédien et d'une mère multi-artiste d'origine arménienne, Solann a grandi entre Paris et le Vaucluse dans un environnement imprégné d'ésotérisme. « Il y avait des cartes de tarot, des pendules. C'était chaotique car on a beaucoup déménagé, mais cette culture me rassurait », confie-t-elle. Ce socle fertile nourrit son imaginaire et la figure de « sorcière réconfortante » qu'elle revendique, héritée des femmes de sa famille.
De la colère à la catharsis : une voix qui s'affirme
Initialement attirée par le théâtre, admirant Ariane Mnouchkine et lisant Tennessee Williams, Solann s'est tournée vers la musique pendant le confinement, accompagnée d'un ukulélé. Pour elle, la musique est une « catharsis à 100 % », une manière de dire l'indicible sans tricher. Sa chanson Les Draps évoque par exemple les marques indélébiles d'un viol, illustrant comment sa douceur n'empêche jamais la morsure.
Solann se méfie de l'industrie musicale qui pourrait pousser les artistes à parler de leurs traumatismes prématurément. « Quand c'est une catharsis pour le chanteur, ça peut l'être pour le public. L'industrie l'a compris, et j'ai peur qu'on précipite les confidences », explique-t-elle. Malgré cela, sa rage, nimbée de mysticisme, s'affirme de plus en plus, comme en témoignent ses nouveaux titres teintés d'électro.
« Rome », un hymne féministe devenu manifeste
Le titre « Rome », sorti fin 2023, reprend le mythe de Romulus et Rémus pour en faire un hymne féministe rugissant. Chez Solann, la louve n'est pas un animal nourricier mais une femme qui sort les griffes, avec des paroles comme « Mais c'est une chienne qui a élevé Rome / Les putes comme moi portent les rêves des hommes ». Ce morceau est devenu un chant entendu dans les manifestations, notamment le 8 mars, ce que Solann décrit comme « un des plus beaux accomplissements ».
En pleine tournée de deux ans qui devrait se conclure en décembre 2026, Solann vit son succès comme un rêve, tout en en mesurant le prix : « C'est beaucoup de boulot, de déracinement, je ne suis jamais chez moi. » Quand elle rentre, c'est pour retrouver son chat Morphée, compagnon essentiel contre ses insomnies.
Engagement artisanal et collaborations musicales
Sur scène, Solann cherche à perfectionner sa performance, avec une relation ambivalente aux projecteurs qu'elle explore dans la chanson Narcisse. Elle a invité des artistes amies comme November Ultra et Yoa pour des duos, enrichissant son univers. Parallèlement, elle cultive un geste artisanal en crochetant de petits cœurs vendus après ses concerts, dont les bénéfices sont reversés à des associations comme Utopia 56, En avant toute(s) et SOS Méditerranée. Une manière de prolonger ce que sa voix initie : relier et réparer.
Concert de Solann à Mougins : Vendredi 3 avril à 20h30, Scène 55 à Mougins. Tarifs de 15 à 33 euros. Renseignements sur scene55.fr.



