Le 22 août 2026, le guitariste Philippe Cornier donnera un concert à la cathédrale Saint-Fulcran de Lodève, marquant les 40 ans de son premier concert, le 22 août 1986 à l'abbaye de Grandmont. Originaire de Saint-Privat, il revient jouer « chez lui » après quatre décennies de carrière, quatre albums et des concerts à travers le monde.
Un premier concert mémorable à l'abbaye de Grandmont
Philippe Cornier se souvient de ses débuts : « La première fois que j'ai joué, tous les habitants de Saint-Privat étaient venus avec leur propre chaise. » Ce concert familial a marqué le lancement d'une carrière qui a rapidement dépassé les frontières régionales. Il a joué en France, mais aussi à Prague, en Allemagne, en Angleterre, au Mexique et en Syrie.
Une rencontre déterminante a changé son parcours : « J'ai rencontré un musicien, Nate Price, qui jouait plus ou moins avec des grands musiciens de Jazz à l'époque. C'est lui qui m'a appris mes premiers accords », confie le guitariste. Il s'est ensuite formé à l'École normale de musique de Paris, où les rencontres se sont multipliées.
La magie de la cathédrale de Lodève
Le 22 août 2026, Philippe Cornier posera sa guitare dans la cathédrale de Lodève pour la dixième fois. « Je suis toujours heureux de jouer dans la cathédrale de Lodève parce que c'est une cathédrale que j'aime, c'est magique », explique-t-il. Cette magie provient notamment de l'acoustique du lieu : « La guitare classique est un instrument intimiste. Je joue sans amplification, donc il n'y a que la pureté du son qui est amplifiée naturellement par la cathédrale. »
Le guitariste, qui joue beaucoup de répertoires espagnols, ne souhaite pas enfermer ses concerts dans un seul univers. Il alterne les époques et les styles pour raconter l'histoire de son instrument : « J'aime particulièrement le répertoire espagnol, mais j'essaie de jouer aussi des morceaux plus modernes ou plus anciens. J'essaie de créer un petit voyage pour les gens entre l'histoire et ce qu'est la guitare classique. »
Un regard sur l'avenir de la guitare classique
Après quatre albums et de nombreuses collaborations, Philippe Cornier porte un regard lucide sur la place de la guitare classique aujourd'hui. « En tant que guitariste classique, je suis un peu triste qu'il n'y ait pas beaucoup de jeunes qui viennent aux concerts. Ce n'est plus trop d'actualité », concède-t-il. Il reste toutefois optimiste et croit à un possible retour vers une musique débarrassée de ses artifices : « Je pense qu'un jour, ça reviendra, le retour à la musique pure, sans simplification, sans trucage. »
Retour aux sources 40 ans après
Le 22 août 1986 et le 22 août 2026 : quarante ans séparent ces deux dates, mais la passion reste inchangée. Philippe Cornier a enregistré quatre albums, dont « ivresse de la guitare », et collaboré avec des personnalités comme le chef d'orchestre Jean-Luc Forestier ou le peintre Claude Viallat, qui a réalisé la pochette de son troisième album. « Les habitants du village sont les premiers à m'avoir écouté et encouragé à persévérer dans cette voie », se souvient-il. Quarante ans plus tard, il retrouvera la scène de la cathédrale de Lodève pour un concert de guitare espagnole, à 21 heures.



