Morrissey fait son grand retour avec Make-Up Is A Lie, un album solo après six ans d'absence
Morrissey de retour avec Make-Up Is A Lie après six ans

Le retour attendu de Morrissey avec un nouvel album solo

Après six longues années de silence discographique, Morrissey retrouve enfin la lumière. L'ancien leader emblématique des Smiths publie ce vendredi son quatorzième album solo, intitulé Make-Up Is A Lie. Ce disque marque un retour spectaculaire chez Sire Records, le label historique qui avait accompagné ses premiers pas en solitaire et distribué les œuvres de The Smiths aux États-Unis. Morrissey présente cette sortie comme une « rencontre entre amants », survenant après une période de turbulences professionnelles, notamment avec son précédent projet, Bonfire of Teenagers, resté enfermé dans les coffres de Capitol Records.

Un enregistrement en Provence avec un producteur de renom

Enregistré au studio La Fabrique, situé à Saint-Rémy-de-Provence dans le sud de la France, le nouvel opus de douze titres scelle les retrouvailles du chanteur de Manchester avec une pointure de l'industrie musicale, le producteur Joe Chiccarelli, connu pour son travail avec The Strokes et The White Stripes. Le single éponyme, coécrit avec la claviériste Camila Grey, surprend par son architecture sonore innovante. Il s'élance sur un groove aux accents trip-hop, porté par une basse propulsive et des percussions en écho, avant d'éclater en un refrain dream-pop tourbillonnant. Morrissey y déploie son chant de crooner éthéré pour narrer une étrange rencontre au cimetière du Père-Lachaise à Paris, où une défunte lui délivre un message gravé dans le granit : « Make-up is a lie ! » (Le maquillage est un mensonge).

Un voyage musical entre Paris et le glam rock

L'album réunit son cercle de fidèles, incluant Jesse Tobias, Alain Whyte et Gustavo Manzur, pour un voyage musical qui alterne entre instrumentation imprévisible et lyrisme provocateur. Morrissey clame son amour pour Paris dans des chansons comme « Notre-Dame », où il semble faire référence à un projet d'attentat déjoué plutôt qu'à l'incendie de la cathédrale, avec des paroles mystérieuses : « Nous savons qui a essayé de te tuer / Nous ne resterons pas silencieux ». Musicalement, « Notre-Dame » prend le contre-pied de son texte sombre avec un rythme presque disco, filtrant la hantise terroriste à travers un cabaret pop inquiet.

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Parmi les curiosités du disque, une reprise de « Amazona », perle rare de Roxy Music datant de 1973, confirme l'attachement indéfectible du chanteur à l'esthétique glam de Bryan Ferry. La chanson « Lester Bangs », portée par un piano omniprésent, rend hommage au célèbre critique rock américain mort à 33 ans, évoquant aussi le poète Allen Ginsberg avec la question : « How does it feel to be you, Lester Bangs ? » (Qu'est-ce que cela fait d'être toi, Lester Bangs ?).

Une voix mature et des sonorités variées

Morrissey chuchote presque dans « Headache », une belle ballade en ré mineur, tandis que « Boulevard » se présente comme une longue marche nocturne, lente et alcoolisée, avec le piano en avant. « Many Icebergs Ago » déroule un monologue évoquant les pubs de l'East End londonien et des rencontres ratées, avec une voix plus grave et assurée que jamais, presque funèbre. La production du disque, discrètement funk et trip-hop, convoque tour à tour la nervosité new wave dans « The Night Pop Dropped », un rock direct à chœurs féminins dans « Zoom Zoom The Little Boy », et un art du mid-tempo très britannique dans « Kerching Kerching », où il épingle le culte de la célébrité avec un humour acide.

Parmi les douze titres, le dernier, The Monsters of Pig Alley, se distingue comme un potentiel standard avec son riff accrocheur de guitare, une ballade portée par une ligne de basse souple et un refrain immédiatement mémorisable. On y retrouve avec joie la voix suave et enveloppante du Morrissey des meilleures années Smiths. Si le chanteur de Manchester continue de diviser par ses sorties politiques, l'artiste, à 66 ans, reste une force gravitationnelle majeure du rock indépendant. Le « Moz » est bel et bien de retour, et il n'a manifestement pas l'intention de se farder.

Make-Up Is A Lie est disponible chez Sire / Warner Records, avec une note de trois étoiles, indiquant un album bien réalisé et captivant.

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