Le groupe new-yorkais The Strokes a dévoilé vendredi 24 juillet son huitième album studio, Reality Awaits, suscitant des réactions mitigées. L'album marque un tournant radical avec un usage intensif de l'auto-tune et une production lisse, s'éloignant du son brut et lo-fi qui a fait leur renommée.
Une production controversée
Produit par Rick Rubin, Reality Awaits surprend dès la première écoute. Les voix du chanteur Julian Casablancas sont massivement traitées par auto-tune, un choix esthétique qui divise. « On a l'impression que le groupe a perdu son identité sonore », commente Sophie Marchand, critique musicale pour Les Inrockuptibles. « L'album sonne comme une tentative désespérée de coller aux tendances pop actuelles. »
Le single « Digital Love » illustre cette orientation : une mélodie synthétique portée par une batterie électronique et des chœurs robotiques. Sur les réseaux sociaux, les fans expriment leur déception. « #RealityAwaits est une insulte à leur héritage », tweete un utilisateur.
Des chiffres en demi-teinte
Malgré les critiques, l'album a généré 45 millions de streams sur Spotify en 24 heures, un record pour le groupe. Cependant, les ventes physiques chutent de 30% par rapport à leur précédent opus, The New Abnormal (2020). « Le public semble partagé : un engouement numérique mais une désaffection des acheteurs traditionnels », analyse Jean Dupont, analyste musical.
Le groupe défend son évolution. « Nous avons toujours cherché à expérimenter », déclare Casablancas dans un communiqué. « Reality Awaits reflète notre désir de brouiller les frontières entre le rock et la pop électronique. »
Un pari risqué
Certains morceaux comme « Neon Nights » ou « Synthetic Heart » tentent de concilier guitares saturées et effets vocaux, avec un succès inégal. La presse anglo-saxonne est sévère : Pitchfork donne une note de 5,2/10, évoquant « une perte de repères ». NME est plus indulgent (7/10) et salue « une audace rafraîchissante ».
Reste à savoir si ce virage sera payant. Les Strokes prévoient une tournée mondiale à partir de septembre, avec des dates en Europe et en Amérique du Nord. Les billets se vendent bien, mais l'accueil du public live sera un test décisif.



