Julie Fuchs, une soprano aux multiples facettes entre gloire classique et passion du tango
Trois Victoires de la musique classique à son actif, une possible quatrième en 2026 dans la catégorie artiste lyrique de l'année, un rôle de jurée dans l'émission Prodiges sur France TV, plus de 42 000 abonnés sur Instagram et un agenda international chargé : la soprano Julie Fuchs, 41 ans, est au sommet de sa carrière. Pourtant, cette voix aérienne, qui a chanté l'Ave Maria de Schubert aux obsèques de Johnny Hallyday en 2017, cultive une personnalité singulière, loin des clichés sur les divas.
Un premier choc scénique à l'opéra d'Avignon
Julie Fuchs se souvient avec émotion de sa première expérience à l'opéra, à l'âge de six ans, lors d'une sortie scolaire à l'Opéra d'Avignon. « Le premier choc dont j'aie le souvenir a été un choc scénique, la toute première fois que j'ai mis les pieds à l'opéra », confie-t-elle. Elle assistait à une opérette, une version française de la comédie musicale américaine No No Nanette. Cette expérience fondatrice l'a marquée par le silence, l'obscurité et le respect du public, des éléments qu'elle considère comme essentiels à la vibration musicale.
Des goûts éclectiques et une éducation musicale ouverte
Issue d'une famille où l'on écoutait principalement de la chanson française et du jazz, Julie Fuchs a découvert la musique classique grâce à l'école. Enfant, elle empruntait régulièrement des disques à la médiathèque, développant un amour pour les opérettes interprétées par Paulette Merval et Marcel Merkès, ainsi que pour des œuvres comme l'Adagio de Samuel Barber et les Gymnopédies d'Erik Satie. Cette ouverture d'esprit se reflète dans sa carrière, où elle explore aussi bien le répertoire de la mélodie française que des univers plus populaires.
La passion du tango argentin et la création d'un festival
Loin des projecteurs, Julie Fuchs nourrit une passion profonde pour le tango argentin, qu'elle décrit comme une musique « bâtarde et mélangée », mêlant influences italiennes, africaines et sud-américaines. Elle a commencé à danser il y a quatre ans, trouvant dans cette pratique une échappatoire et une façon d'exprimer sa musicalité par le corps. Cette passion l'a conduite à fonder le festival Nos jours heureux dans sa Provence natale, dont la deuxième édition se tiendra du 19 au 23 août, un événement où « la musique et la danse s'unissent sous le ciel du Gard ».
Une approche artistique sans frontières
Julie Fuchs insiste sur l'absence de cloisonnement entre ses goûts personnels et son approche artistique. « Mon approche, c'est vraiment les bras ouverts. Il n'y a pas de différence entre mes goûts personnels et mon approche artistique », affirme-t-elle. Elle apprécie autant des artistes comme Juliette Armanet que des compositeurs classiques, et son travail sur scène est influencé par des références cinématographiques, comme les films de Jacques Demy ou les actrices qu'elle admire, telles que Juliette Binoche et Meryl Streep.
Transmettre l'amour de l'art et faire face aux défis du métier
Mère d'un petit garçon, Julie Fuchs tente de lui transmettre sa passion pour l'art, malgré la complexité de certaines histoires d'opéra. Elle évoque également les défis de son métier, où la vulnérabilité de l'artiste contraste avec la puissance requise sur scène. « On ne ment pas avec la voix. Quand je suis triste ou énervée, je chante moins bien. La voix vous met complètement à nu », explique-t-elle.
Projets à venir et engagements
Julie Fuchs poursuit une carrière internationale, avec des concerts prévus à Orléans le 27 mars, au Festival Les Musicales de la route Cézanne le 26 juillet, et à son festival Nos Jours Heureux le 21 août. Elle interprétera également le rôle de Giunone dans Ercole amante d'Antonia Bembo à l'Opéra Bastille du 28 mai au 14 juin 2026. Son parcours, marqué par une curiosité insatiable et un engagement pour l'accès à la culture, continue d'inspirer par son authenticité et sa générosité.



