Ce vendredi soir, le 77e Festival de musique de Menton tire sa révérence. Sur le parvis Saint-Michel, les mélomanes assisteront au concert de clôture du pianiste Alexandre Kantorow, révélé au monde entier lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris. Au programme : Bach, Chopin, Medtner, Alkan, et la 32e sonate de Beethoven, un message d'éternité. Mais derrière cette belle affiche, le festival laisse un goût contrasté.
Une fréquentation en baisse confirmée
Les premiers chiffres recueillis par nos soins confirment la tendance amorcée l'an dernier. Selon les soirées, le parvis n'a accueilli que 250 à 450 spectateurs payants, loin des 800 personnes que la grande tribune pouvait accueillir par le passé. Ces chiffres restent modestes pour un festival de cette envergure, qui jadis attirait « les meilleurs artistes du monde ».
Les artistes invités par le directeur Paul-Emmanuel Thomas sont de qualité internationale, de l'ensemble baroque Gemelli à l'Amazing Keystone Big Band, en passant par le violoniste Léonidas Kavakos. Cependant, ils n'atteignent pas le niveau des « stars » d'antan, et beaucoup ont déjà joué à Menton ou dans la région. Alexandre Kantorow, par exemple, se produisait encore ce jeudi soir à Monaco.
Un héritage à préserver
Impossible de revenir aux « années d'or » où Stern, Rostropovitch, Richter et Menuhin faisaient le déplacement. Les festivals d'été se sont multipliés, et les cachets des stars ont explosé. Mais Menton doit tenir son rang, comme le rappelle la maire Alexandra Masson dans son éditorial : « Cette soixante-dix-septième édition est une édition de transition vers une ambition claire et un engagement fort : redonner au festival son lustre d'antan, redonner au festival la place qui fut la sienne. »
Le Festival demeure un trésor pour les Mentonnais, même pour ceux qui n'y assistent pas. Il participe au rayonnement international de la ville. Son destin reste à écrire, entre nostalgie et espoir de renouveau.



