La chanteuse malienne Fatoumata Diawara a enflammé la scène du théâtre antique d'Arles ce jeudi 16 juillet lors de la grande soirée du Festival des Suds. Il était un peu plus de 23 heures lorsque la "queen of Africa" a déboulé sur scène, vêtue d'une tenue dingue – chapeau conique, haut rouge, bustier noir, jupon en tulle gigantesque – et armée de sa guitare électrique couleur feu.
Une performance bluffante d'une heure
Pendant plus d'une heure, l'artiste au timbre inimitable a enchaîné les morceaux en bambara, sa langue natale, issus de son nouvel album "Massa", réalisé par M-, qu'elle a présenté comme "son frère". Sa voix reconnaissable entre mille a raisonné dans l'amphithéâtre antique archicomble, proposant une performance à la croisée de la musique traditionnelle malienne et du pop-rock.
Un hommage émouvant à son père
Avant d'entonner "Tati Bakary", morceau composé en l'honneur de son père décédé il y a deux ans, Fatoumata Diawara a confié, émue : "Alors qu'il avait pas moins de 25 enfants, il m'a toujours acceptée avec ma différence… Enfant, j'étais un peu bizarre, je me distinguais. J'étais la petite qui n'arrivait pas à parler, mais à chanter, oui ! Et c'est lui qui m'a poussée vers la scène."
Une artiste engagée et citoyenne du monde
Chanteuse engagée, notamment pour la cause des femmes – elle dénonce depuis toujours les mariages forcés ou les mutilations génitales – Fatoumata Diawara a tenu à apporter avec son titre "Denko" tout son soutien aux enfants atteints de handicap, à leurs aidants et tout particulièrement à leur maman. Magnétique et habitante du monde, elle a raconté son histoire et ses combats qui la bouleversent en tant que citoyenne à la croisée des cultures.
Après ses versions revisitées mais en anglais de "Let it be" et "No woman, no cry", la chanteuse au visage parfois dissimulé par des voilages ou un masque est entrée en quelque sorte en transe à l'issue du concert. Tournant sans cesse sur elle-même telle une toupie ou un derviche tourneur, Fatoumata Diawara a réussi la prouesse incroyable, en dépit d'une chaleur suffocante, d'embarquer dans sa folie et sa fougue tout un amphithéâtre. Chapeau Madame ! Hinisé ! (Merci).



