Ce samedi 16 mai 2026, la scène du CaféMusic accueillera Beverly Jo Scott, qui vient présenter son nouveau projet Divine rebels. Rencontre avec cette citoyenne du monde qui fait le grand écart entre le sud des États-Unis et la Belgique.
Un univers musical entre rock et soul
Elle voulait un nom qui sonne bien dans les deux langues. Ce sera Divine rebels. Ce samedi 16 mai 2026, à partir de 21 heures, le CaféMusic de Mont-de-Marsan recevra Beverly Jo Scott. Elle y dévoile son tout dernier projet : un quatuor féminin entre rock, folk et blues.
Comment définiriez-vous votre univers musical ? Mon univers à moi, c’est rock and soul, rhythm and blues. Je suis ancrée dans les traditions de chez moi, le sud des États-Unis. Il y a toujours un peu de soul dans ce que je fais et je l’associe à ma guitare folk. Cela fait longtemps maintenant que je vis en Europe. Quand je suis aux États-Unis, on me dit que je fais une European music et ici on dit que c’est très américain. Je suis une citoyenne du monde.
Divine rebels : un projet féminin et engagé
Pouvez-vous nous décrire votre projet Divine rebels ? Je voulais un nom qui sonne bien dans les deux langues. Avec les trois autres filles Gaëlle, Claire et Élodie, nous nous connaissons depuis très longtemps. On joue ensemble dans le sud des États-Unis. On s’est dit que ça serait fun de partager ça en Europe. Il nous a fallu quelques années pour faire coïncider nos agendas avec nos projets perso mais nous y voilà. On peut enfin présenter quelque chose d’unique et de très harmonieux. C’est espiègle, avec énormément d’amour, sans aucune ambition, ni prétention.
Un message fort pour les femmes
Un quatuor 100 % féminin, dans cet univers sacrément masculin, c’est quand même un message fort, non ? C’est vrai qu’il y a une ambiance très palpable sur scène. Quelque chose de la force. C’est férocement féminin. Mais on présente ça avec beaucoup d’humilité. Nos textes sont très axés sur les femmes, avec tout l’amour du monde pour les hommes. Ici, en Occident, on a la chance de pouvoir être libre dans nos discours et nos mouvements. Alors on n’oublie pas les femmes qui sont ailleurs, privées de libertés, sans accès aux soins. On crispe les poings de frustration et de rage contre les sociétés et les situations qui sont en accordéon, même ici en Occident, par rapport aux droits des femmes.
Un retour dans le Sud-Ouest
Est-ce la première fois que vous venez dans le Sud-Ouest ? J’avais déjà joué à Biarritz, il y a vingt-cinq ans je pense. On est très excitées, comme des dingues de pouvoir revenir. D’autant que j’ai beaucoup de connaissances dans la musique qui viennent des environs, comme The Inspector Cluzo. Je trouve que c’est une région qui a beaucoup d’âme. C’est passionnant.
Entre deux cultures
Vous êtes américaine, vivez en Belgique, comment conciliez-vous les deux ? Je suis vraiment entre les deux cultures, entre l’Europe et le sud des États-Unis. J’essaie de représenter, dans mon cœur et mes actes, le bon côté des États-Unis, parce qu’il y en a. Il y a de bonnes personnes là-bas, malgré l’administration présente qui est une absolue aberration. Là-bas, c’est l’enfer pour les gens qui ont de larges pensées, des idées politiques ouvertes. En Europe, il y a une meilleure acceptation de qui je suis, que ce soit sur le plan politique ou concernant ma sexualité. J’adore toute la richesse. Il y a une certaine sagesse acquise ici en Europe, que je ne retrouve pas nécessairement chez moi. Aux États-Unis, dans le Sud, c’est vraiment en accordéon : un pas en avant, deux pas en arrière, tout ça, c’est très compliqué. Ce qui me manque le plus de là-bas, c’est la présence de la musique. Dans presque toutes les villes du Sud, il n’y a pas un boui-boui sans que quelqu’un vienne jouer de la musique. On gagne des cacahuètes, mais jouer en live est encore très présent dans le sud. Ce qui me manque aussi, c’est le golfe du Mexique, les marécages et ma famille.
L'expérience The Voice
Vous êtes restée douze ans dans le jury de The Voice en Belgique. Qu’en retenez-vous ? En 2011, quand on me demande d’y participer, moi la rockeuse américaine, je reste bouche bée. Je ne m’y attendais absolument pas. J’ai adoré mon travail de coach, je l’ai fait avec beaucoup de passion, beaucoup de sérieux. La Belgique est toute petite. Il faut donner un maximum de chance aux personnes qui démarrent dans ce métier qui est de plus en plus compliqué. Au-delà de me donner des amis pour la vie, cette émission m’a donné l’opportunité de voir un côté de moi, celui de coach, que je ne connaissais pas. Il faut être très pédagogique si on veut faire passer le flambeau à des jeunes personnes.
Un nouveau projet inclusif
Vous vous lancez dans un autre projet d’émission en Belgique, de quoi s’agit-il ? C’est une série documentaire. Je suis en train de monter un groupe de musique avec des personnes porteuses de handicap : autistes, aveugles, en chaise roulante. C’est une expérience d’inclusion. C’est très enrichissant. C’est en train de totalement changer ma vie.



