Le pianiste turc Fazil Say, figure emblématique du Festival de Musique de Menton, ne se produira pas le 1er août sur le parvis de la basilique Saint-Michel. Le festival a annoncé l'annulation de son récital, l'artiste étant contraint de renoncer à tout voyage en avion pendant plusieurs semaines en raison d'un problème de santé. Aucun remplaçant ne sera proposé, mais le festival espère accueillir à nouveau le pianiste dès que son état le permettra.
Un « chouchou » du public mentonnais
Pour les fidèles du festival, cette annulation a un goût particulier. Fazil Say n'est pas un artiste comme les autres à Menton. Il s'est imposé comme l'un des véritables « chouchous » du public, grâce à son jeu virtuose et sa personnalité artistique unique. Né à Ankara en 1970, il s'est fait connaître sur les grandes scènes internationales dès les années 1990. Compositeur et improvisateur, il a construit un univers où le répertoire classique dialogue avec le jazz et les influences de sa Turquie natale.
La dernière découverte d'André Böröcz
Fazil Say fut, en 1997, la dernière grande « découverte » d'André Böröcz, le directeur et fondateur historique du festival, disparu en 1999. Cette année-là, le jeune pianiste turc se produisait sur le parvis Saint-Michel en soliste de l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, sous la direction de Youri Bashmet. Quelques jours plus tard, il revenait en récital solo. Depuis, les directeurs successifs du festival n'ont cessé de le réinviter, faisant de lui une figure emblématique de l'histoire récente du rendez-vous mentonnais.
Un programme entre classique et création
Le programme que Fazil Say devait présenter à Menton devait une nouvelle fois lui ressembler : de Bach à sa propre composition Kara Toprak, en passant par Alla Turca Jazz. Un mélange de virtuosité, de répertoire classique, de création et de liberté qui devait faire résonner le célèbre parvis. Le public devra finalement patienter, mais le festival entend bien préserver ce lien singulier avec son « chouchou ».
Une carrière brillante et parfois tumultueuse
Le pianiste s'est notamment engagé pour la diffusion de la musique classique en Turquie. Il a également connu des démêlés avec la justice de son pays, notamment après avoir été poursuivi pour s'être moqué d'un imam sur les réseaux sociaux, avant d'être acquitté en appel en 2016. La même année, il recevait en Allemagne le Prix Beethoven des droits de l'homme. Malgré cette absence, les amateurs préfèrent voir cela comme un rendez-vous simplement reporté, espérant retrouver Fazil Say dès que possible.



