Merci célèbre dix ans d'horlogerie avec la collection Beaumarchais, une ode au temps
Merci lance Beaumarchais, une collection horlogère philosophique

Merci réinvente l'horlogerie avec la collection Beaumarchais pour ses dix ans

Certains objets transcendent leur fonction première pour devenir des symboles. La montre en est un parfait exemple, et Merci, depuis son concept-store du 111 boulevard Beaumarchais à Paris, l'a toujours compris. Depuis la présentation de sa première montre en 2017, la LMM-01, conçue en collaboration avec l'architecte Jules Mesny-Deschamps, la maison cultive une approche rare dans le secteur : l'épure au service du sens. Dans la physique antique, l'éther est cette matière subtile et invisible qui relie les étoiles. Ici, le cadran bleu nuit, ponctué d'étoiles polies et facettées, traduit cette dimension céleste. Satiné sur le tour d'heures et poli au centre, il joue avec la lumière comme une voûte cosmique, où chaque reflet semble mouvant et insaisissable.

Une philosophie horlogère axée sur l'usage et la patine

Les collections suivantes ont confirmé cette vocation : créer des garde-temps pensés d'abord pour être portés, patinés et vécus. Pas de complications inutiles, pas d'ostentation. Une horlogerie d'usage, presque philosophique. « Je n'aime pas les garde-temps trop propres, trop clean. La montre est un objet qui doit vivre, qui a la nécessité impérieuse de vivre et de s'exprimer sur un poignet », résume Arthur Gerbi, qui préside au destin de la maison. Fusion des mots cosmos et hora (l'heure, en latin), Cosmora évoque « l'heure du monde ». Son cadran vert brossé satiné à l'extérieur, et grainé au centre, nous fait songer à la surface de la terre vue du ciel, entre horizon terrestre et profondeur céleste.

Beaumarchais : un hommage à l'histoire et à la géographie

Pour fêter les dix ans de ses débuts en horlogerie, Merci revient avec une capsule de six pièces baptisée Beaumarchais. Le nom évoque évidemment le boulevard, mais il dit surtout quelque chose de plus profond. Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais était, avant d'être dramaturge, un horloger de métier, fils d'horloger, inventeur d'un échappement à double virgule qui fit sa réputation à la cour de Louis XV. L'écrivain n'est venu qu'après le mécanicien. Ce clin d'œil, à la fois géographique et historique, donne à la collection une densité que les noms de code habituels de l'horlogerie n'ont pas. « Nous voulions créer une montre de forme, en écho aux garde-temps des années 1970, à une époque où les boîtiers osaient encore des lignes hybrides et affirmées », explique Arthur Gerbi.

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Dans la mythologie grecque, les déesses Horae veillent sur le rythme du monde. Elles sont les gardiennes du passage des saisons, du jour à la nuit. Cette montre leur rend hommage, avec un cadran brossé vertical au tour d'heures, mat au centre, où la lumière glisse doucement. Ses appliques polies et sa trotteuse bleue composent une montre d'équilibre et de clarté.

Caractéristiques techniques et diversité des cadrans

Le boîtier joue lui-même sur l'ambiguïté : rond et octogonal à la fois, avec 36 mm de diamètre et 10 mm d'épaisseur, en acier vissé. Un mouvement automatique Miyota 9039, robuste et fiable, anime six cadrans radicalement différents :

  • Aeon Blue : évoque l'éternité avec son cadran bleu nuit étoilé.
  • Cosmora : inspire l'heure du monde avec un cadran vert brossé.
  • Singularis : capture le mystère des trous noirs avec un cadran noir et bleu.
  • Horae : rend hommage aux déesses du temps avec un cadran brossé vertical.
  • Auguste : référence la Rome antique avec des chiffres romains sur un cadran ivoire.
  • Aether : traduit la dimension céleste avec des finitions polies et satinées.

Chacun de ces noms puise dans le grec, le latin et la cosmologie, exprimant divers aspects du temps : son éternité, sa circularité, son mystère. Écho à la Rome antique et à son empereur, la montre Auguste dévoile ses chiffres romains en décalques généreuses sur un cadran ivoire brossé, référence à l'obélisque rapporté d'Égypte. Solide, réfléchie et précise, c'est une montre de caractère héritière d'une tradition classique réinterprétée.

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Une réflexion philosophique sur le temps avec Étienne Klein

Le Point était présent chez Merci pour la présentation de la collection, aux côtés du physicien et philosophe des sciences Étienne Klein, venu discuter des paradoxes du temps avec la précision d'un horloger et l'élégance d'un conteur. « Qu'est-ce au juste que le temps ? S'agit-il d'une substance particulière ? Existe-t-il par lui-même ? N'est-il au contraire qu'une entité secondaire émanant des relations entre événements ? » interroge-t-il. Des questions que l'on croit abstraites jusqu'à ce qu'on les pose devant un cadran. Difficile de trouver meilleur terrain que la montre pour en parler : l'objet qui mesure le temps sans jamais le saisir. Arthur Gerbi, lui, penche pour l'éternel retour : « mon paradoxe du temps tient dans une idée qui me fascine autant qu'elle me trouble : le temps n'est peut-être pas linéaire ».

Un prix accessible dans un marché souvent démesuré

Reste, enfin, la question du prix. À 470 euros pour une montre assemblée en France, avec mouvement automatique, bracelet en Cordovan et étanchéité à 100 mètres, Merci propose une offre remarquable. Dans un marché horloger qui a largement perdu le sens des proportions, cette position mérite d'être saluée. La collection Beaumarchais incarne ainsi une vision holistique de l'horlogerie, où technique, esthétique et philosophie se rencontrent pour créer des pièces uniques et accessibles.