Mango résiste à la crise de la mode : succès espagnol face au déclin français
Mango résiste à la crise de la mode : succès espagnol

La rue de Rivoli, miroir du déclin français et de la résistance espagnole

Quoi de mieux qu'une promenade rue de Rivoli pour prendre le pouls de la filière du prêt-à-porter en France ? Sur cette artère incontournable du shopping parisien, les vitrines des acteurs traditionnels du milieu de gamme, comme Camaïeu ou Naf Naf, n'existent plus que dans les souvenirs. Ces enseignes françaises sont victimes d'une crise profonde, mêlant changement radical des habitudes de consommation, inflation persistante et concurrence féroce de la fast fashion chinoise.

Les survivants espagnols dominent le paysage

Parmi les survivants, les enseignes de l'empire Inditex – numéro un mondial de l'habillement avec sa figure de proue, le géant Zara, mais aussi Bershka et Pull and Bear. Un autre espagnol, dix fois plus petit, fait cependant de la résistance remarquable : Mango. Fondé dans les années 1980 par les frères d'origine turque Isak et Nahman Andic, la marque vient de boucler une année exceptionnelle avec un bénéfice net de 242 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 3,8 milliards, en croissance impressionnante de 13 %.

Le secret du succès : le Mango Campus en Catalogne

Pour comprendre ce succès contre toute attente, il faut s'envoler pour Palau-solità i Plegamans, à une trentaine de kilomètres de Barcelone. Un complexe de bâtiments blancs, dont un ancien hangar d'aviation, forme le Mango Campus. Un an après le décès tragique d'Isak Andic dans des circonstances troubles – l'enquête est toujours en cours –, l'ombre du fondateur plane toujours au-dessus de cette zone industrielle. Les œuvres d'art issues de sa collection privée ornent les couloirs du siège tandis qu'à l'entrée trône une sculpture signée Jaume Plensa, l'un de ses proches.

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Une philosophie créative unique : faire la mode, pas des vêtements

C'est ici que les deux collections annuelles de Mango – auxquelles s'ajoutent des éditions limitées exclusives – sont imaginées et développées. Avec un processus millimétré et rigoureux : le tissu est soigneusement sélectionné, découpé par un robot laser de précision puis confié à une équipe de couturières expérimentées qui fabriquent les échantillons. Tout notre processus créatif se déroule en interne, nous n'envoyons à nos usines que les prototypes déjà prêts, explique Luis Casacuberta, directeur des produits et du développement durable. Cette méthode nous ralentit légèrement mais peu importe : nous ne créons pas seulement des vêtements, nous créons véritablement la mode.

Une chaîne logistique mondiale impressionnante

Une fois fabriqués en Turquie, en Chine ou encore en Inde, les robes, chemisiers et autres pantalons sont stockés dans le centre logistique ultra-moderne de Lliçà d'Amunt, à quelques encablures seulement du campus, avant d'être expédiés aux quatre coins du monde. Chaque année, près de 200 millions de pièces transitent dans cet immense entrepôt, témoignant de l'ampleur mondiale des opérations de cette enseigne qui défie les tendances du secteur.

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