Fashion Week de Paris : Dior et Saint Laurent brillent pour l'automne-hiver 2026-2027
Fashion Week Paris : Dior et Saint Laurent en majesté

Paris Fashion Week : un retour à la normale pour la saison automne-hiver 2026-2027

La précédente Fashion Week parisienne de prêt-à-porter féminin avait marqué l'histoire par son volume exceptionnel d'événements et de nouveautés. En octobre 2025, on comptabilisait pas moins de 74 défilés et 37 présentations, incluant les débuts très attendus des nouvelles recrues de Chanel, Dior et Balenciaga.

Pour cette saison automne-hiver 2026-2027, qui se déroule du 2 au 10 mars, le calendrier retrouve une certaine normalité avec 67 défilés et 31 présentations prévus. La seule véritable « première fois » notable concerne Balmain, où Antonin Tron dévoilera sa vision pour la maison le 4 mars.

Les absents et les présents de cette édition

Plusieurs grandes maisons brillent par leur absence cette saison. Certaines ont choisi de défiler ailleurs, le temps d'une saison, comme Maison Margiela à Shanghaï, Valentino à Rome ou Thom Browne en Californie. D'autres rencontrent des difficultés financières, à l'image de Giambattista Valli, ou sont en recherche active d'un nouveau directeur artistique, comme Leonard.

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En revanche, les marques présentes ne passent absolument pas inaperçues. Dior et Saint Laurent se sont particulièrement distingués le 3 mars avec des installations spectaculaires respectivement dans le jardin des Tuileries et dans les jardins du Trocadéro.

Dior : un hommage historique aux Tuileries

À 14h30, les 1 014 invités privilégiés de Dior ont eu la surprise de découvrir un défilé inhabituel. Pour la première fois, la maison n'a pas opté pour une boîte fermée traditionnelle mais pour une structure aérée, ronde et verte qui s'harmonisait parfaitement avec les chaises en acier caractéristiques des Tuileries.

Les mannequins ont évolué avec pour toile de fond le ciel bleu printanier, les arbres en fleurs et le bassin que Dior avait rempli de faux nénuphars géants. « Les Tuileries font partie intégrante de l'histoire de Dior », explique Jonathan Anderson, le directeur artistique. « Christian Dior avait baptisé plusieurs modèles 'Tuileries', et cela m'a inspiré ces jardins d'agrément où l'on vient se promener et se montrer. »

Les références historiques de la collection Dior

Depuis son arrivée en juin 2025, Jonathan Anderson plonge profondément dans l'histoire, non seulement celle de la marque mais aussi celle de la France. Pour cette collection automne-hiver 2026-2027, il évoque Catherine de Médicis, qui ordonna la construction du jardin des Tuileries, et Louis XIV, qui le fit redessiner et l'ouvrit au public en 1667 en imposant un code vestimentaire reflétant le rang social.

Ces références aristocratiques se retrouvent dans un vestiaire particulièrement opulent, avec des formes inspirées comme les traînes, les millefeuilles de tissus, les volants et les nœuds, ainsi que des matières nobles telles que le moiré, le brocart et les dentelles. Anderson distille ces éléments dans ses expérimentations sur les volumes – raccourcis, gonflés, ondulés – tout en ajoutant des clins d'œil à l'univers floral cher à Christian Dior.

Le Britannique établit progressivement une nouvelle grammaire stylistique pour Dior, reconnaissable dans des pièces emblématiques comme un délicat gilet immaculé brodé de nénuphars ton sur ton, associé à une minijupe à maxitraîne composée de dizaines de voiles superposés. Ou encore dans un tailleur Bar en modèle réduit, coupé dans un épais shearling et décoré de boutons dorés.

« Nous investissons massivement dans le développement de tissus exclusifs et dans nos ateliers d'exception », précise Jonathan Anderson. « Je ne veux pas que Dior soit reconnaissable uniquement grâce à des codes répétés de collection en collection, mais plutôt à travers la qualité irréprochable de nos produits et un certain esprit distinctif. »

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Saint Laurent : le rêve hypnotisant d'Anthony Vaccarello

Chez Saint Laurent, la collection raconte également le rêve personnel d'un créateur, celui d'Anthony Vaccarello. Arrivé à la tête de la maison en 2016, le designer belge a mis quatre années avant de trouver le ton juste qui lui permet désormais de créer des collections hypnotisantes, peuplées de femmes spectaculaires qui semblent tout droit sorties d'un film culte.

Ces silhouettes emblématiques font leur retour cette saison, en costume élégant ou en robe-nuisette de dentelle raffinée, déambulant avec assurance sur des escarpins vertigineux dans une structure rectangulaire aux larges baies vitrées installée face à la tour Eiffel.

La recherche d'un idéal esthétique

Anthony Vaccarello poursuit inlassablement un idéal esthétique précis. Pour l'atteindre, il réduit volontairement le nombre d'idées directrices tout en multipliant les variations subtiles autour d'elles. Les costumes rayés, d'une fluidité remarquable, sont proposés en version croisée ou avec un simple boutonnage, dans des coloris marine, marron ou noir, en crêpe de soie luxueuse ou en laine précieuse.

Les tenues en dentelle, déclinées dans des nuances carmin, turquoise ou bronze profond, ont été revêtues d'un film en silicone innovant pour les rendre plus rigides et intensément brillantes. Parfois, une fausse fourrure somptueuse ou un manteau en mousseline de soie siliconé viennent troubler le rythme établi.

« La femme Saint Laurent est profondément séduisante, mais jamais soumise », projette Anthony Vaccarello. « Il y a toujours un souvenir, quelque chose qui la ramène à un passé glorieux. » Le créateur s'est inspiré de Romy Schneider dans le film Max et les ferrailleurs (1971) de Claude Sautet pour concevoir ce vestiaire évocateur.

Chez Vaccarello, il n'y a pas de concept intellectuel lourd ni de volonté de passer un message politique, seulement des images de mode saisissantes où l'on retrouve toujours le parfum distinctif d'Yves Saint Laurent, celui des années fastes ayant transformé le créateur en véritable mythe français.

Certains pourraient reprocher au designer belge de ne pas avoir beaucoup évolué depuis qu'il a trouvé sa formule gagnante. Pourtant, cette manière de répéter et d'affiner constamment la silhouette d'une femme sensuelle et conquérante nourrit indéniablement l'aura de la maison sexagénaire, qui semble ne pas jouer selon les mêmes règles que ses concurrentes directes. Saint Laurent confirme ainsi son statut de légende incontestée dans le paysage de la mode contemporaine mondiale.