L'arrivée de Sonia Mabrouk sur BFM TV ne passe pas inaperçue. Depuis ses premières interventions, la chroniqueuse et animatrice, recrutée pour renforcer les matinales, fait grincer des dents au sein de la rédaction. Plusieurs journalistes et techniciens expriment leur malaise face à ce qu'ils perçoivent comme un glissement éditorial vers les codes de CNews, la chaîne concurrente où Mabrouk officiait auparavant.
Un recrutement qui dérange
Selon des témoignages recueillis par Libération, des salariés de BFM TV ont fait part de leur inquiétude dès l'annonce de son embauche. Certains dénoncent un « virage à droite » de la chaîne, tandis que d'autres pointent du doigt les méthodes de travail de la nouvelle venue, jugées trop proches de celles pratiquées sur CNews. « On a l'impression qu'on importe la ligne de CNews à BFM », confie un membre de la rédaction sous couvert d'anonymat.
Des tensions en coulisses
Les frictions se seraient notamment manifestées lors de la préparation des éditions. Des désaccords sur le choix des invités et des sujets auraient éclaté, certains estimant que Sonia Mabrouk privilégie des thèmes clivants, comme l'immigration ou la sécurité, au détriment d'autres dossiers. Un technicien évoque des « échanges tendus » en régie, sans toutefois confirmer de conflit ouvert.
Une direction qui assume
De son côté, la direction de BFM TV assume ce recrutement, affirmant vouloir « diversifier les profils et les points de vue ». Interrogée, elle rappelle que Sonia Mabrouk est une journaliste expérimentée, reconnue pour ses qualités d'intervieweuse. Elle précise également que la ligne éditoriale de la chaîne reste inchangée et que les critiques internes font partie du débat normal dans une rédaction.
Pour l'heure, Sonia Mabrouk continue d'animer ses chroniques, mais l'ambiance reste lourde. Selon plusieurs sources, une réunion de rédaction doit avoir lieu dans les prochains jours pour apaiser les esprits. La direction espère que le temps permettra de dissiper les malentendus, tandis que les opposants internes promettent de rester vigilants sur l'évolution de la ligne éditoriale.



